Attaquée par les partis de gauche, la nouvelle présidente de la Métropole de Lyon défend son projet de réforme des groupes politiques.
Après le PCF, c'est au tour de l'ensemble des partis de gauche représentés à la Métropole de Lyon de s'indigner concernant une proposition qui devrait être examinée lors du prochain conseil métropolitain, prévu le 22 avril. Porté par la nouvelle présidente de la Métropole, Véronique Sarselli (LR), ce projet vise à augmenter de deux à cinq élus minimum, le seuil nécessaire pour constituer un groupe politique. Pour rappel, Gérard Collomb, David Kimelfeld et Bruno Bernard avaient tous fixé le seuil à deux élus.
"Limiter le nombre de groupes politiques dans une chambre délibérative va à l’encontre de la représentation fine et entière des plus de 1,4 millions de citoyens des 58 communes de la métropole de Lyon", déplorent les partis de gauche, dans un communiqué transmis lundi 20 avril. Ils ajoutent : "Il nous paraît nécessaire que l’ensemble des sensibilités politiques désignées par les électeurs, puissent participer de façon pleine et entière aux débats et décisions en disposant des moyens d’un groupe politique."
Par ces "moyens", la gauche fait notamment référence à l'enveloppe de fonctionnement touchée par les groupes politiques de la Métropole :"Cette enveloppe sert à embaucher une personne pour assister le groupe, à acheter du matériel, à avoir un bureau", explique Florestan Groult, ancien vice-président Insoumis à la Métropole de Lyon. L'absence de groupe empêche également les partis d'assister aux conférences des présidents. "Il est donc beaucoup plus compliqué de prendre la parole", précise l'Insoumis, dont le groupe ne dispose que de trois élus.
"Cela permet d’avoir des groupes réellement structurés"
Le seuil proposé exclurait en effet certains groupes de gauche élus, tels que le PCF et LFI : "La démocratie ne peut pas fonctionner dignement quand la majorité choisit de favoriser certaines oppositions tout en cherchant à en museler d’autres", dénonce la gauche, faisant notamment référence au maintien du Rassemblement National qui possède 5 conseillers métropolitains, soit assez pour constituer un groupe politique.
Face à ces accusations, Véronique Sarselli se défend : "À deux, on ne fait pas un groupe, on fait un binôme. Un groupe, c’est autre chose : c’est une équipe, avec une capacité à échanger, à construire une position commune et à porter une parole collective." La nouvelle présidente de la Métropole affirme que ce projet ne vise pas "à restreindre le débat" mais à "lui donner plus de cohérence" : "Cela permet d’avoir des groupes réellement structurés, plutôt qu’une juxtaposition de positions individuelles", termine l'élue.
Les partis de gauche demandent néanmoins à l'ensemble des organisations politiques de "rejeter cette proposition". "Au-delà nous demandons aux citoyens de la métropole soucieux du débat démocratique d’interpeller ses conseillers métropolitains, pour que cette disposition anti-démocratique ne soit pas adoptée", poursuivent-ils.
Groupes de moins de cinq élus :
PCF : trois élus : Michèle Picard, Léna Artaud et Aline Guitard
LFI : trois élus : Idir Boumertit, Fatiha Didaoui et Gabriel Amard
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