Le syndicat UFAP-UNSa prévoit une action mardi 7 avril devant la prison de Lyon-Corbas après des "revendications ignorées" par l’administration.
La colère gronde à la prison de Lyon-Corbas, aussi bien du côté du personnel que des prisonniers. Et d’après une information de BFM Lyon, confirmée par Lyon Capitale, un blocage est prévu mardi 7 avril devant la maison d’arrêt.
Dans un communiqué diffusé le 2 avril, consulté par notre rédaction, l’Union Fédérale Autonome Pénitentiaire (UFAP-UNSa) indique que l’action débutera à 6 heures afin de dénoncer "les conditions de travail inacceptables." Contacté, Sylvain Royere, secrétaire général adjoint de l’union générale de Lyon, nous précise que l’accès à la maison d’arrêt sera empêché, "sauf en cas d’extraction judiciaire dans le cadre d’une convocation."
Il assure par ailleurs que la situation dure "depuis un moment déjà." Il précise : "On manque cruellement d’effectifs. Au niveau national, cela concerne 4 000 postes. Nous n’arrivons pas à recruter et, honnêtement, c’est du jamais-vu. Ce n’est pas possible."
Prisons de Lyon : “On attend de voir où ça va exploser”
Cédric Rochis est le secrétaire de l’union régionale de Lyon du syndicat pénitentiaire Ufap-Unsa Justice. Suite aux récentes attaques de masse sur les prisons françaises, il revient sur les conditions des surveillants et ce qui se passe réellement dans les cellules.
Attaques de prison, intimidations et violences contre les surveillants pénitentiaires, surpopulation, cannabis, portables, drones, corruption... Le point à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes.
"Si rien n’est fait, tout va péter"
L’établissement accueille aujourd’hui 1 305 détenus pour seulement 680 places. La direction a récemment évoqué la possibilité d’installer jusqu’à trois prisonniers dans des cellules de 9 m2, voire quatre dans les plus grandes. Une perspective vivement dénoncée par les syndicats. "C’est une ambiance électrique. Tout le monde est énervé, survolté. C’est même le cas chez les détenus", détaille encore Sylvain Royere. Selon l’UFAP-UNSA Justice, le seuil des 1 300 détenus marque un cap inédit, aggravé par l’impossibilité de transférer des prisonniers vers Villefranche, elle aussi saturée. "Je reviens de Villefranche, et il manque aujourd’hui 20 % d’effectifs alors qu’il y a déjà 100 matelas par terre par manque de place", déclare-t-il, lace et en colère.
Les revendications sont claires : changer la loi ou construire plus de prisons. "Dans tous les cas, il faut que cela se fasse vite", martèle le secrétaire général. Par cette action, les agents pénitentiaires espèrent donc une réaction urgente de la part des magistrats et du Gouvernement. "On le sent dans tout le pays : si rien n’est fait, tout va péter et tout va être bloqué", alerte enfin Sylvain Royere.
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