Hôtel de Ville de Vénissieux
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Coup de théâtre à Vénissieux autour de soupçons de fraude électorale

A Vénissieux, le candidat UDR/RN Quentin Taïeb et plusieurs membres de son équipe ont été placés en garde à vue pour fraude électorale présumée. Un nouveau vote n’est pas exclu.

Quentin Taïeb, le candidat RN/UDR à la mairie de Vénissieux, son directeur de campagne et plusieurs de ses colistiers ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte pour "inscription indue sur une liste électorale par déclaration frauduleuse ou faux certificat".

C'est Le Progrès qui a révélé cette possible affaire de soupçons de fraude électorale quelques jours avant le premier tour des élections municipales à Vénissieux. Contacté par Lyon Capitale, Quentin Taëb dénonce une "non-affaire" qui serait "instrumentalisée par ses opposants et la presse-poubelle."

"Une non affaire (...) instrumentalisée par ses opposants et la presse-poubelle."

Le deuxième tour des élections municipales pourrait ne pas se passer comme prévu à Vénissieux. Dimanche 22 mars, quatre candidats sont encore en lice : celle conduite par la maire communiste sortante Michèle Picard (Union de la gauche et des écologistes), arrivée en tête au premier tour avec 28,32% des voix, talonnée de près par celle menée par Idir Boumertit (LFI) et ses 25,95%, la liste divers centre de Pascal Bruneau (19,95%), et celle dub candidat UDR/RN Quentin Taïeb, (17,32%). Cette dernière est au coeur de soupçons de fraude électorale.

Ce dernier, ainsi que son directeur de campagne et plusieurs colistiers ont été placés garde à vue le 6 mars dernier, neuf jours avant le premier tour des élections municipales.  En cause, une enquête pour “inscription indue sur une liste électorale par déclaration frauduleuse ou faux certificat”. Concrètement, ils sont suspectés d’avoir produit de faux documents pour justifier d’une domiciliation à Vénissieux.

"La plupart des personnes interrogées, je ne les connais pas"

Contacté par Lyon Capitale, Quentin Taïeb a assuré que seule l'une des personnes entendues par la police figure sur sa liste,"mais elle est se situe si bas (dans la liste) qu'elle ne fera pas partie du conseil municipal. Il faut se détendre". Par ailleurs, il qualifie cette enquête de "non-affaire", et s'est dit détendu : "pour la plupart des personnes interrogées, je ne les connais pas". Plus encore, il dénonce "une affaire instrumentalisée par mes opposants et par la presse poubelle". Interrogé sur la véracité des faits reprochés, Quentin Taïeb explique simplement vouloir "laisser la justice faire son travail."

Présumés innocents, ils encourent une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, prévue par l’article 86 du Code électoral. Si ces soupçons venaient à être confirmés, l'élection pourrait être annulée, les Vénissians devant alors retourner aux urnes. Nous avons sollicité le parquet de Lyon sans succès. Pour rappel, Quentin Taïeb avait obtenu 17,32 % des suffrages au premier tour. En cas d'invalidation du scrutin, ses voix pourraient se reporter sur la liste Pascal Bruneau (DVC), qui bien qu'éloigné des idées portées par la tête de liste RN/UDR, est le candidat le plus proche de la droite sur l'échiquier politique.

2014 : le précédent judiciaire de l'élection à Vénissieux

En octobre 2014, le tribunal administratif de Lyon avait annulé l’élection municipale de Vénissieux, suivant les conclusions du rapporteur public, qui avait constaté “de nombreuses et graves irrégularités”. En février 2015, le Conseil d'Eta avait confirmé l'annulation.

Deux recours avaient été déposés, par le préfet et par la tête de liste UMP, Christophe Girard. Le premier réclamait l'annulation de l'élection d'Yvan Benedetti et d'Estelle Gagon, de la liste d'extrême droite "Vénissieux fait front". Le second demandait quant à lui l'annulation pure et simple des deux tours du scrutin, ce qu'il a obtenu.

Des irrégularités avaient été commises par la tête de liste PS, Lotfi Ben Khelifa, et par Yvan Benedetti, tête de liste “Vénissieux fait front”. Beaucoup avaient cru que cette liste identitaire était l'émanation du Front national, qui n'avait pourtant pas présenté de liste lors des dernières municipales à Vénissieux. Or, des colistiers d'Yvan Benedetti n'avaient pas compris qu'ils avaient signé pour une liste identitaire. Certains d'entre eux n'avaient même pas compris du tout qu'ils avaient signé pour être présents sur une liste électorale.

Le rapporteur public avait d'ailleurs considéré qu'il y avait un "défaut de consentement" pour une vingtaine de colistiers d'Yvan Bendetti, lequel a été condamné à un an d'inéligibilité par la justice administrative, tout comme Mme Gagon.

La maire de Vénissieux, Michèle Picard, avait alors une “profonde injustice et une totale incompréhension” après la décision du tribunal administratif de Lyon. "J'appelle les Vénissians, attachés aux valeurs républicaines, progressistes et de gauche, à se mobiliser et à faire bloc contre une droite libérale et populiste."

En février 2015, sur le fond de l’affaire, le Conseil d’État avait jugé qu’il y avait bien eu manœuvre et que plusieurs candidats de la liste “Vénissieux fait front” ne figuraient sur cette liste que parce qu’ils avaient été induits en erreur. Le Conseil d’État avait estimé que plusieurs de ces candidats avaient accepté de figurer sur la liste en croyant que celle-ci était soutenue par le Front national. Or, le parti de Marine Le Pen n'avait pas présenté de liste dans la ville. Pis, des colistiers d'Yvan Benedetti n'auraient pas compris qu'ils avaient signé pour apparaître sur une liste de candidature. Le rapporteur public pointait un défaut de consentement pour une vingtaine de colistiers de “Vénissieux fait front”.

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