Tout mais pas Beyrouth raconte les années qu’a passées le Lyonnais Mathieu Diez au Liban, comme attaché culturel à l’ambassade de France. Un récit à la première personne, émouvant et teinté d’humour, qui offre un éclairage subtil et documenté sur l’histoire de ce pays miné par les conflits depuis des décennies.
Cette chronique, réalisée avec la complicité du dessinateur Jibé, réussit à recontextualiser avec une grande pédagogie l’actualité brûlante du Proche-Orient. Il faut dire que durant cette mission, entre 2021 et 2025, Mathieu Diez n’a pas été épargné par les événements de cette région du monde qui ont fait la une des journaux : explosion du port de Beyrouth, massacre du Hamas du 7 octobre et représailles israéliennes à Gaza et contre le Hezbollah au Liban, chute de Bachar al-Assad en Syrie… avec en toile de fond la crise économique et la corruption.

Au milieu de ce chaos – qui vient de prendre une nouvelle tournure avec l'intervention américaine en Iran – il y a la leçon que Mathieu Diez a apprise des Libanais :“On ne s’arrête pas de vivre quand tout va mal”. Opposer la culture à la guerre, pour “conserver le droit de respirer et s’évader”, c’est le combat que livrent les personnages rencontrés au fil de son séjour.
Communauté intellectuelle et artistique libanaise, personnel diplomatique, expatriés… tous tentent de préserver la vie culturelle bouillonnante de Beyrouth malgré les bombardements. On y rencontre (évidemment) des auteurs de BD, des jurés du Goncourt, une ministre de la Culture, mais aussi et surtout des Libanais vivant la guerre au quotidien, donnant ainsi à ce récit personnel une dimension documentaire passionnante.

Tout mais pas Beyrouth. Mathieu Diez et Jibé – Delcourt/Encrages, 256 pages, 23,95 €
Dédicace vendredi 13 mars à 16h la librairie La Bande Dessinée, Lyon 4e