Après la manifestation du 1er mai qui s'est déroulée ce vendredi à Lyon, l'intersyndicale du Rhône dénonce l'"attitude violente" des forces de l'ordre. Une plainte pourrait être déposée.
Si la manifestation du 1er mai s'est déroulée de façon globalement calme dans les rues de Lyon, des places Jean Macé (7e arr.) à Bellecour (2e arr.), quelques tensions ont toutefois éclaté, notamment à l'avant du cortège et à la fin du rassemblement aux alentours de 13 h 30. Les forces de l'ordre sont allées plusieurs fois au contact des manifestants, faisant usage de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement.
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"Plus d’une dizaine de syndicalistes identifiés comme tels ont été la cible de coups de matraque"
"Notre manifestation revendicative, pacifique et populaire a été entachée par les interventions musclées des forces de l’ordre qui sont à deux reprises au moins rentrées au contact du cortège syndical sans aucun discernement", déplore ce soir l'intersyndicale dans un communiqué. Lors de la première charge survenue avenue Jean-Jaurès, "le service d’ordre intersyndical a été matraqué et une grenade de désencerclement a été lancée au niveau du carré de tête de la manifestation. Plusieurs cartouches de balles en caoutchouc ont ensuite pu être ramassées au sol ; ce qui laisse penser qu’elles ont pu être tirées en direction du cortège", soupçonne-t-elle encore.
C'est à l'arrivée du cortège sur la place Bellecour que la situation est devenue particulièrement confuse. Alors que les premiers manifestants se dispersaient, les forces de l'ordre ont en effet mené une deuxième charge, comme nous avons pu le constater sur place. "Plus d’une dizaine de syndicalistes identifiés comme tels (chasubles, autocollant) ont été la cible de coups de matraque. Les équipes qui sécurisaient les camions syndicaux ont dû faire face à plusieurs charges", décrit encore l'intersyndicale, qui dénonce des "violences injustifiées" dénotant "d’une volonté de nuire à l’expression légitime des travailleuses et travailleurs."
L'intersyndicale estime par ailleurs que "ces événements ne sont pas isolés" et illustrent "la violence dite légitime de l’État" contre "celles et ceux qui s’organisent collectivement, qui occupent l’espace public pour défendre leurs droits et porter des revendications sociales."
Une plainte collective pourrait être déposée
Et d'ajouter : "Cette attitude des forces de l’ordre et de la préfecture en direction de manifestants pacifistes de tout horizon (jeunes, retraités, familles, etc.) est inacceptable", s'insurge engin l'intersyndicale. Les organisations CGT, Solidaires, FSU se réservent le droit d’un dépôt de plainte collectif "afin que toute la lumière soit faite sur ces agissements et pour faire valoir leur bon droit à la manifestation."
Face aux accusations, la préfecture du Rhône nous indique que "les forces sont intervenues en réponse à des tirs de mortiers provenant d'un petit groupe d'une cinquantaine de personne ultra minoritaires au sein de la manifestation mais qui n'ont cessé de coller à la tête de la manifestation."
Pour rappel, quatre personnes ont été interpellées pour "jets de projectiles & violences envers les forces de l’ordre, dégradations de bien public et participation à un attroupement en vu commettre des dégradations avec visages dissimulés."

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