Nathalie Perrin-Gilbert, candidate divers gauche aux élections métropolitaines, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Candidate divers gauche aux élections municipales de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert assure que le match n'est pas plié pour les municipales autour ce qu'elle qualifie de "faux duel" entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas : "Les habitants n’ont pas encore fait leur choix, je peux vous le dire. En grande majorité, ils attendent de recevoir les professions de foi dans les boîtes aux lettres. Je dis aux Lyonnais et aux Lyonnaises : lisez les professions de foi, c’est-à-dire les programmes que vous allez recevoir. Ils attendent que l’on réponde à leurs questions, qui sont finalement assez simples. Ils n’ont pas besoin de grands projets pharaoniques".
Elle se propose de répondre à des besoins simples : "Les Lyonnais veulent pouvoir vivre à Lyon, se loger dignement et accéder aux soins". Sur la question de la petite enfance, qu'elle place au cœur de son programme, elle affiche une ambition claire : "Mon objectif pour 2030 est que la ville de Lyon soit la première grande ville de France à avoir mis en place le droit opposable à l'accueil des enfants de moins de trois ans." Une promesse ambitieuse qu'elle dit avoir chiffrée arrondissement par arrondissement.
Sur la question d'éventuelles alliances au second tour, elle reste prudente mais tranche sur un point : "Au second tour, je n'ai aucune envie de faire gagner Jean-Michel Aulas et ses équipes, car derrière lui se trouvent les partis de droite."
La retranscription intégrale de l'entretien avec Nathalie Perrin-Gilbert
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Nathalie Perrin-Gilbert. Vous êtes candidate divers gauche aux élections municipales à Lyon. Le format sera un peu plus long que d’habitude, nous dépasserons les six minutes puisque vous êtes candidate en votre nom et vous défendez cette candidature. C’est votre troisième candidature en votre nom, peut-être plus compliquée que les autres, et votre deuxième à la Ville de Lyon. La première était uniquement dans le 1er arrondissement. Comment expliquez-vous que cette campagne, alors que vous en avez connu d’autres, notamment la dernière où l’on parlait beaucoup du duel entre Gérard Collomb et Georges Képénékian et David Kimelfeld, ses dauphins, laisse aujourd’hui beaucoup moins d’espace aux autres voix ? Comment expliquez-vous que cette campagne soit beaucoup plus difficile pour les candidats qui ne sont pas soutenus par de grands partis et qu’il soit si difficile d’exister à l’ombre du duel Doucet-Aulas ?
Je n’ai pas l’impression d’être à l’ombre. Merci d’ailleurs pour votre invitation sur ce plateau. Sur le terrain, les habitants commencent réellement à s’intéresser aux choix qu’ils vont faire dimanche prochain. Je vis une différence entre les plateaux de télévision où un certain nombre de candidats et de candidates, dont j’ai fait partie, ne sont pas invités, les sondages réalisés sur des échantillons très modestes, et ce que les habitants attendent lorsque nous les rencontrons dans la rue. Les habitants n’ont pas encore fait leur choix, je peux vous le dire. En grande majorité, ils attendent de recevoir les professions de foi dans les boîtes aux lettres. Je dis aux Lyonnais et aux Lyonnaises : lisez les professions de foi, c’est-à-dire les programmes que vous allez recevoir. Ils attendent que l’on réponde à leurs questions, qui sont finalement assez simples. Ils n’ont pas besoin de grands projets pharaoniques. Globalement, ils veulent pouvoir vivre à Lyon, c’est-à-dire se loger dignement et de manière assez simple dans leur ville. Ils veulent pouvoir accéder aux soins, ce qui pose la question d’avoir un médecin généraliste et des soins paramédicaux à proximité de chez soi. Ils veulent que leurs enfants puissent être accueillis dans des crèches. Ils veulent donc que l’on s’intéresse à eux. Ils sont bien loin de ce duel que l’on nous présente et dont une partie des médias se fait l’écho. La réalité est bien plus complexe. Je fais confiance aux Lyonnais et aux Lyonnaises pour repérer les candidats et les candidates qui, au-delà de ce faux duel, s’intéressent réellement à leur vie.
Parce que ce faux duel empêche de voir quoi ? Le logement, la petite enfance : ces deux candidats, Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, en parlent aussi.
Ils en parlent relativement peu. Lorsque l’on regarde attentivement, le débat tourne beaucoup autour de la sécurité. Certes, la sécurité est une préoccupation légitime.
C’est l’attente numéro un des Lyonnais dans le sondage.
C’est une préoccupation légitime pour les Lyonnais et les Lyonnaises. Encore faut-il avoir des propositions réalistes et concrètes. Nous proposons par exemple davantage de policiers municipaux, mais des policiers municipaux auxquels on donne les moyens d’être sur le terrain, de pratiquer ce que l’on appelle l’îlotage, c’est-à-dire une police de proximité. Il faut une police municipale formée et sectorisée, qui connaisse les habitants et que les habitants connaissent. On revient ainsi à une police de proximité. J’ai également proposé que les grandes villes s’emparent de cette question, car tout le monde se renvoie la responsabilité entre l’État et la ville. Lyon pourrait être un fer de lance en créant, avec d’autres grandes villes de France, une école des métiers de la police municipale afin de former suffisamment de policiers à ces métiers de prévention, mais aussi d’intervention. Je pense que Lyon a un rôle à jouer dans ce mouvement de formation. Ensuite, il peut y avoir des caméras de vidéoprotection à certains endroits de la ville. Je préfère cependant des caméras mobiles. L’idée est de mettre le bon outil au bon endroit et au bon moment, et non pas de manière systématique.
C’est un débat qui a eu lieu en interne dans la majorité écologiste et de gauche dans laquelle vous avez siégé en début de mandat.
Tout à fait. Mais je ne pense pas que tout résoudre par la caméra soit la solution. On sait que c’est faux. En revanche, utiliser le bon outil, au bon endroit et au bon moment, relié à des forces humaines, est essentiel car rien ne remplace l’humain. Il y a aussi tout l’aspect prévention et médiation. Je veux rappeler que la Métropole de Lyon a coupé les financements de plusieurs associations et professionnels de la médiation. Dans certains quartiers de Lyon, il n’y a plus d’éducateurs de rue. La prévention, les travaux d’intérêt général et l’accompagnement sont donc très importants. Oui, la sécurité est une préoccupation légitime et importante. Mais à côté de cela, il y a aussi les crèches. Aujourd’hui, plus d’une famille sur deux n’a pas de place en crèche.
La Ville de Lyon a pourtant beaucoup investi dans les crèches pour ouvrir des places. Ensuite, il y a un problème de recrutement d’auxiliaires de puériculture.
Nous n’avons pas suffisamment investi et il existe un déficit d’information vis-à-vis des familles. Aujourd’hui, c’est un véritable parcours du combattant pour les jeunes parents. Je souhaite mettre en place dans chaque mairie d’arrondissement un point d’accueil petite enfance où les femmes, dès les premières semaines de leur grossesse, pourront se rendre afin d’être renseignées sur l’ensemble des démarches à effectuer bien en amont de la naissance de l’enfant. Ce sera un point conseil et un point de suivi dans chaque mairie d’arrondissement. Mon objectif pour 2030 est que la ville de Lyon soit la première grande ville de France à avoir mis en place le droit opposable à l’accueil des enfants de moins de trois ans. Cela signifie qu’aucune famille ne sera sans solution de mode de garde.
Vous dénonciez tout à l’heure la démagogie de certaines propositions. Celle-ci pourrait entrer dans ce champ-là. La Ville de Lyon peut-elle vraiment avoir assez de places en crèche pour tous les enfants ?
Nous l’avons chiffré et modélisé dans l’ensemble des arrondissements. Par exemple, dans le 4e arrondissement que je parcours, je sais qu’il manque aujourd’hui deux crèches. Nous les avons positionnées. L’une d’entre elles pourrait être installée dans le quartier Saône-Sérin, où il n’existe aucun équipement de petite enfance. Nous avons aussi besoin de lieux d’accueil pour les parents. La petite enfance n’est pas seulement une dépense. La Caisse d’allocations familiales et l’État accompagnent ces créations par des mécanismes quasi automatiques. J’ai rencontré les écoles qui forment les professionnels de la petite enfance. Aujourd’hui, certaines classes d’apprentissage sont vides. Il faut renouer avec ces formations. Ce plan est réalisable et nous savons que nous pourrons le mener.
S’il y a de nouveaux investissements, cela signifie qu’il faudra faire des économies ailleurs. Sur quels budgets peut-on en faire selon vous ?
Il faut déjà mieux répartir les compétences entre la Ville et la Métropole. Sur certains travaux et aménagements, la Ville a été entraînée par la Métropole et a dû accompagner ses projets. Je pense notamment aux Voies lyonnaises. À un moment donné, je veux consolider l’existant. J’ai rencontré les associations de cyclistes. Ce que j’ai entendu est clair : à Lyon, il existe encore trop de ruptures de continuité dans les parcours cyclables. Nous n’allons donc pas créer de nouvelles Voies lyonnaises, mais consolider celles qui existent, les entretenir correctement et résoudre les problèmes de continuité pour les cyclistes. Si la Métropole souhaite mener certaines politiques, elle peut le faire, mais elle ne doit pas demander aux communes d’accompagner systématiquement ses propres projets. Ma priorité sera la petite enfance, la rénovation thermique de nos écoles et la rénovation d’un certain nombre d’écoles aujourd’hui oubliées, comme Jean de La Fontaine dans le 4e arrondissement ou certaines écoles du 9e. Ce sera également l’accompagnement du commerce de proximité, qui fait la différence avec d’autres grandes villes et contribue à la sécurité et au service quotidien. J’ai annoncé un plan de 3,5 millions d’euros par an pour soutenir les commerçants indépendants qui rencontrent des difficultés. Il faudra aussi accompagner les bailleurs sociaux, non pas sur la création de logements qui relève de la Métropole, mais sur la rénovation de leur parc. Aujourd’hui, certains bailleurs sociaux ont des appartements vacants parce qu’ils n’ont plus les moyens de les remettre en état. Nous proposons un fonds de 7 millions d’euros par an pour les aider à réhabiliter ces logements et les remettre en location, ce qui permettra également de réduire les listes d’attente pour le logement social. Enfin, il y a la culture.
Justement, vous souhaitez notamment rénover et refonder la Fête des Lumières et organiser un grand festival l’été pour marquer le début de la saison, un peu comme le 8 décembre marque le début de l’hiver. Autour de quelles thématiques voulez-vous refonder la Fête des Lumières et créer ce nouvel événement ?
Je souhaite refonder la Fête des Lumières autour de la singularité lyonnaise, de son patrimoine et notamment de l’eau et des fleuves. Je veux renouer avec un projet artistique et fédérateur autour de l’eau.
C’est la Fête des fleuves, un festival organisé par les écologistes.
S’il ne fonctionne pas, nous l’arrêterons. Il coûte 600 000 euros. Je propose de réaffecter ces 600 000 euros à d’autres projets. De la même manière, je n’aurais jamais investi un million d’euros sur la place Bellecour. Nous devons faire des choix budgétaires. Nous pouvons réorienter certains budgets pour des projets qui intéressent réellement la vie des Lyonnais. La Fête des Lumières ne doit plus être concentrée uniquement sur la Presqu’île, qui se retrouve barricadée et où les habitants et les commerçants ne peuvent plus vivre normalement. Je propose de recréer un parcours depuis la Cité internationale jusqu’à la Confluence, avec des installations le long du Rhône et de la Saône, ainsi qu’un grand festival de lumière et de son à la Halle Tony Garnier. Nous rouvrirons la Halle Tony Garnier à cette occasion. Le 8 décembre redeviendra aussi un moment plus intime, que les habitants se réapproprieront dans leurs quartiers, avec des lumignons aux fenêtres et des parcours réalisés avec les associations, les MJC et les centres sociaux. L’été, je propose un festival autour de la musique. L’une de mes réussites en tant qu’adjointe à la culture a été le grand concert gratuit au parc de la Tête d’Or avec l’Orchestre de l’Auditorium de Lyon. La ville possède deux grands orchestres, celui de l’Opéra et l’Orchestre national de Lyon. Les Lyonnais doivent se réapproprier cette richesse. Nous aurons la Fête de la musique le 21 juin, un moment populaire et festif, et nous clôturerons un festival de musique par deux grands concerts : une année, un concert gratuit en plein air de l’Orchestre de l’Opéra, l’année suivante, un concert gratuit en plein air de l’Orchestre national de Lyon. Entre ces deux temps forts, il y aura de nombreuses initiatives avec les écoles de musique, les groupes locaux, les salles de musique actuelle. Lyon est une ville de musique qui s’ignore, il faut rendre la musique accessible à toutes et tous.
Dernière question. Revenons à des considérations plus politiques. Vous avez été adjointe de Grégory Doucet après votre alliance en 2020. Il vous a retiré vos fonctions d’adjointe en cours de mandat et vous êtes devenue une opposante interne. Un rapprochement avec Grégory Doucet et sa majorité est-il de nouveau possible ou, quelle que soit la configuration, est-ce définitivement terminé ?
Je ne me considère pas comme une opposante.
Ou pourriez-vous envisager d’autres alliances, peut-être avec Jean-Michel Aulas ?
Je n’ai pas été une opposante. J’ai simplement défendu des idées, par exemple sur le musée Guimet. Non seulement ces idées n’ont pas été entendues, mais j’ai été remerciée pour les avoir exprimées. Avoir des idées pour Lyon et s’intéresser à son patrimoine est devenu un défaut. J’ai exprimé un point de vue que le maire n’a pas été en capacité d’entendre ni de respecter. Le soir du premier tour, nous n’y sommes pas encore. Pendant les jours qui restent, je continue d’être aux côtés des Lyonnais et des Lyonnaises. Ce sont eux ma première préoccupation, pas les jeux d’alliances entre partis. Mon objectif est d’expliquer aux habitants qu’ils ne doivent pas se laisser confisquer leur élection. Le premier tour doit permettre aux Lyonnaises et aux Lyonnais de voter avec leur cœur et leurs convictions pour l’avenir qu’ils souhaitent pour leur ville. Je veux pour Lyon une ville qui réussisse sa transition écologique sans laisser personne de côté, ni les entreprises, ni les commerçants, ni les habitants des quartiers populaires, ni les familles. Aujourd’hui, Lyon se vide de ses familles et une ville qui n’est plus accessible aux familles perd son équilibre. La réussite de Lyon, demain, sera une transition écologique réussie pour répondre aux défis majeurs qui nous attendent, mais sans exclure personne. Ce n’est pas ce qui s’est passé pendant ce mandat. Demain, je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. Ce sont les Lyonnais et les Lyonnaises qui choisiront. Au second tour, je n’ai aucune envie de faire gagner Jean-Michel Aulas et ses équipes, car derrière lui se trouvent les partis de droite et notamment Laurent Wauquiez qui tirent un certain nombre de ficelles. Je ne souhaite pas cela pour ma ville. Mais je continuerai de porter le point de vue des habitants aussi loin que possible. La question sera de savoir sur quel programme clair et respectueux des habitants nous pourrons nous entendre. Aujourd’hui, je ne le sais pas.

Donc alliance avec l'extrême gauche et ceci sans complexe. Qu'elle n'oublie pas non plus de faire la morale au centre droit pour ne pas trahir son idéologie trotskiste.
Quant au Grand Lyon, il serait temps de remettre notre métropole au rang international qu'elle mérite, et qu'elle soit dotée des infrastructures nécessaires comme le grand contournement ouest, pour canaliser le trafic poids lourd Espagne/Nord.
Concernant les écoles du 9ème construites dans les années 80, force est de constater que la même gauche n'y a rien fait pendant 30 ans...