Homicide sur les quais de Saône : le suspect activement recherché à Lyon
Huit personnes interpellées dans le démantèlement d’un réseau de proxénétisme à Gerland (Lyon 7e).. LOU BENOIST / AFP

"Ça n'a pas de sens !" : le frère du terroriste d’Arras est interdit de quitter Lyon, mais est visé par une OQTF

Assigné à résidence sous bracelet électronique à Lyon par la cour d'appel de Paris, le frère de l'assaillant de l'attaque terroriste d'Arras qui a coûté la vie au professeur Dominique Bernard est également visé par une OQTF et devrait être expulsé en Russie. Il dit son "incompréhension."

Sorti de prison puis menotté quelques minutes plus tard : le frère cadet de l'auteur de l'attentat jihadiste d'Arras, qui a coûté la vie au professeur Dominique Bernard, dit son "incompréhension" à l'AFP face à une mesure d'expulsion avant même d'être jugé.

"Je ne comprends plus rien. Ça n'a pas de sens. J'ai été libéré avec un contrôle judiciaire et une interdiction de quitter Lyon où je devais aller. Et à peine une trentaine de minutes de liberté plus tard, j'ai été arrêté et placé en rétention administrative en attendant mon expulsion", raconte à l'AFP Osmane (prénom modifié), le plus jeune frère de Mohammed Mogouchkov, lors d'un entretien téléphonique.

Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, un jeune Russe radicalisé originaire de la province d'Ingouchie, a poignardé à mort son ex-professeur Dominique Bernard dans son ancien lycée et blessé trois autres personnes avant d'être interpellé. Un événement qui a profondément choqué, presque trois ans jour pour jour après l'assassinat de Samuel Paty.

Complicité d'assassinat

Osmane, âgé de 16 ans, né à Varsovie mais également de nationalité russe, a été mis en examen pour complicité d'assassinat et tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste - ce qu'il nie. La tenue du procès de cet attentat n'a pas encore été fixée, l'enquête ayant été close fin mars et le parquet national antiterroriste n'ayant pas rendu son réquisitoire.

Osmane a passé deux ans et demi en prison avant d'être remis en liberté le 16 avril et assigné à résidence sous bracelet électronique à Lyon par la cour d'appel de Paris. Le tout assorti d'un contrôle judiciaire strict et une interdiction de quitter Lyon, et a fortiori le territoire.

Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir montré à son frère comment manier un couteau. Sa sortie de prison était planifiée. Il était prévu qu'il soit pris en charge par l’antenne lyonnaise d'une association.

"On est venu me chercher à la sortie de la maison d'arrêt d'Osny-Pontoise pour me conduire à Lyon. Nous avons roulé environ 30 minutes, 30 minutes de liberté, avant que nous ne soyons arrêtés par des policiers de la Bac (brigade anti-criminalité)", poursuit-il. Direction le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) en vue d'une expulsion vers la Russie, en application d'une OQTF (obligation de quitter le territoire français).

"Amalgame"

"Trois juges d'instruction antiterroristes ont décidé de me faire sortir (de prison). Cette décision a été confirmée en appel assortie d'une interdiction de quitter Lyon et là, on me dit que je suis obligé de quitter la France. C'est totalement illogique. Ca a ni queue, ni tête", déplore-t-il.

Le 8 avril, quelques jours après son arrivée à la maison d'arrêt d'Osny-Pontoise (Val-d'Oise), il lui a été délivré une OQTF, qu'il ne comprend pas. "Il n'y a aucune logique. Jugez-moi!". Il a fait un recours contre cette OQTF, qui devrait être examiné prochainement. Le lendemain de son arrivée en CRA, il a déposé un recours, rejeté le 22 avril, et sa rétention administrative été prolongée jusqu'à la mi-mai, selon le texte de l'ordonnance consultée par l’AFP. "Je suis arrivé en France à l'âge de deux ans. J'y ai fait toute ma scolarité. Je suis de culture française, mais aussi de culture ingouche par mes parents", retrace Osmane.

Au moment de sa majorité, un policier lui a demandé s'il voulait aller en Russie. Il raconte avoir alors répondu par l'affirmative. Mais à présent, il se demande si cela n'est pas "risqué" pour lui qui appartient à la minorité musulmane ingouche. "On va faire un amalgame. On ne va retenir que mon nom, Mogouchkov, comme si nous étions un seul homme, mon père et mes deux frères. On n'est pas une meute, chacun pense ce qu'il pense", dit-il.

Outre son frère Mohammed, l'aîné de la fratrie, Mosvar, est incarcéré pour ne pas avoir dénoncé un projet d'attentat aux abords de l'Elysée. Son père, fiché S pour radicalisation, a été expulsé en 2018 et vit désormais en Arménie. Sa mère, quant à elle, a quitté la France pour la Grande-Bretagne, sa petite soeur est en famille d'accueil et sa soeur aînée est dans le Nord.

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