"Il y a des trous dans la raquette" : à Lyon, la CGT des TCL interpelle les candidats aux élections locales

Alors que les propositions sur les transports en commun se multiplient, la CGT des TCL monte au créneau. Le syndicat interpelle les candidats sur le manque de réalisme de leurs mesures, et s'inquiète sur les futures conditions de travail des travailleurs.

Métro ouvert 24 h/ 24 le week-end, ou encore la gratuité des transports pour les lyonnais en commun pour les Lyonnais ayant un revenu mensuel inférieur à 2 500 euros. Face aux multiples propositions des candidats aux élections municipales et métropolitaines sur les transports en commun, la CGT lance l'alerte. La première organisation syndicale sur les bus et les modes lourds a dénoncé "le manque de sérieux et de maîtrise de sujet de la part des candidats qui ne manquent pas de faire des annonces ", "ça ne se bouscule pas pour venir en parler avec les travailleurs" déplore Jacky Albrand, responsable national CGT des transports urbains, également salarié au sein du réseau TCL.

Concrètement, le syndicat dénonce "une inflation de promesses pour répondre à celles des autres, sans prendre en compte la situation actuelle du réseau ainsi que des sources de financements". De quoi inquiéter les salariés sur leurs propres conditions.

"Les travailleurs ne sont pas payés à hauteur de leur engagement"

La CGT pointe notamment du doigt le fait que ces annonces d'augmentation pourraient entraîner des coupes budgétaires et possiblement sur leurs salaires et leurs conditions de travail. "Comment financer ces projets ? On ne veut pas que ça se fasse au détriment des travailleurs. Ce ne sont pas des promesses réalistes" explique un membre du syndicat. Des conditions de travail qui entrainent un manque d'attractivité au sein du métier selon Riad Marzouki, conducteur de bus et membre de la CGT : "Il y a un manque de main d’œuvre sur le réseau, les conditions de travail se dégradent de jour en jour. Les travailleurs ne sont pas payés à hauteur de leur engagement. Des jeunes sont recrutés mais ils partent trois mois après à cause de ces conditions".

La volonté des candidats d'augmenter l'offre butte alors sur un point : "Si on veut développer, il faut pouvoir recruter. Cela fait des années que l'on ne compense pas le nombre de départs. Si il n'y a pas de salaires significatifs on n'y arrivera pas" développe un membre du syndicat.

La gestion du réseau remise en cause

L'organisation s'attaque également de nouveau à l'allotissement du réseau. Cela signifie que plusieurs opérateurs privés se partagent des lots du marché public. Sur le réseau TCL, la société Kéolis et ses 3 000 salaires s'occupent des bus et des trolleybus, tandis que RATP Dev est en charge des modes lourds avec ses 1 600 salariés.

Une situation que la CGT souhaiterait changer : "Cette configuration complexifie le réseau en matière de responsabilité. Cela fait plusieurs années qu'on tire la sonnette d'alarme sur le vieillissement du matériel, les opérateurs se renvoient la balle pour savoir qui doit payer" dénonce un membre de l'organisation. Il poursuit, "c'est l'intérêt de l’ensemble de la population qui est concerné par les conditions d'exploitation des réseaux".

A cet instant, la CGT des TCL a reçu une réponse d'un groupe politique suite à leur interpellation. Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'est dit favorable à la gratuité tout en ne réduisant pas les conditions de travail des travailleurs. Par ailleurs celles-ci avaient été garanties par la majorité écologiste lors de l'allotissement du réseau, effectif depuis janvier 2024. L'organisation syndicale attend des réponses de la part des candidats, mais reste optimiste, "c'est peut-être qu'une question de temps" tempère l'un de ses membres.

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