Marie Stuart © Marie Liebig

TNP : Marie Stuart, reine du suspense !

La pièce de Friedrich von Schiller, montée par Chloé Dabert, Marie Stuart, est programmée au TNP à la fin du mois de février. Une œuvre théâtrale de haute intensité en perspective.

Pour dénoncer le patriarcat, la démarche (trop ?) souvent adoptée par beaucoup d’artistes, mais aussi de politiques, est de montrer des femmes victimes. C’est l’inverse qui caractérise la démarche de Chloé Dabert, comédienne et metteuse en scène, patronne de la Comédie de Reims depuis 2019, dans sa version de la pièce emblématique de Schiller, Marie Stuart.

Où l’on se penche sur le destin de deux femmes de pouvoir, deux exceptions dans un monde dominé par des hommes. “Je dissèque depuis plusieurs années le rapport au pouvoir au sein de la famille, du couple, ou d’une communauté, avec une obsession probable sur la place des femmes dans tout ça”, confesse l’artiste qui a monté jusque-là de grands textes contemporains comme Orphelins de Dennis Kelly (en 2013) ou J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce (en 2019).

Marie Stuart est centrée sur l’affrontement historique entre deux personnalités féminines de premier ordre, femmes de pouvoir donc mais aussi femmes prises dans les filets de la société de leur temps : la reine d’Écosse, qui donne son titre à la pièce, et la reine d’Angleterre, Élisabeth Ire, figure assassine de sa rivale.

De cette œuvre du dramaturge allemand, parue en 1800 – qui a aussi servi de base pour l’opéra de Gaetano Donizetti, Maria Stuarda (1834) –, madame de Staël affirmait qu’“elleest la mieux construite de toutes les tragédies allemandes”.


Suspense royal
L’intrigue peut se résumer ainsi : Marie Stuart, reine d’Écosse emprisonnée en Angleterre depuis dix-huit ans, est accusée de comploter contre la reine Élisabeth. Marie, catholique, représente une menace pour le règne protestant d’Élisabeth, car beaucoup la considèrent comme l’héritière légitime du trône d’Angleterre.

Elle cherche à obtenir une audience auprès d’Élisabeth pour plaider sa cause. Cette dernière, tiraillée entre son devoir de reine et ses doutes personnels, hésite à ordonner l’exécution de Marie, craignant de ternir sa propre image et d’encourager la colère des catholiques européens. Infernal dilemme !

Disséquant les questionnements et les conflits intimes avec une grande profondeur psychologique, le spectacle affiche une durée de 3 heures 45. Mais il n’y a pas un souffle d’ennui dans cette création d’envergure, si l’on en croit les échos parus dans la presse spécialisée.

Grâce à la qualité de jeu de la troupe (composée de douze comédiens) alliée à la puissance de la langue de Schiller – admirablement traduite par Sylvain Fort – et à l’esthétisme de la scénographie signée par Pierre Nouvel, qui a imaginé une immense cage de verre aux vitres mobiles installée au centre de la scène. Et puis c’est avant tout “le suspense qui tient en haleine jusqu’à la fin” qui a poussé Chloé Dabert à monter cette œuvre.

Marie Stuart – Du 25 février au 4 mars au TNP

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