© Francisco Castro Pizzo

L’envol de la Gaviota au théâtre des Célestins

Spectacle attendu aux Célestins, Guillermo Cacace, l’enfant terrible du théâtre argentin, vient présenter Gaviota, sa version de La Mouette, la pièce de Tchekhov.

Pour la petite histoire, la mise en scène de La Mouette, proposée par le metteur en scène argentin Guillermo Cacace, a été conçue entre la crise sanitaire et l’arrivée au pouvoir de Javier Milei dans son pays.

C’est l’occasion de découvrir le travail de cet artiste, voix singulière de la scène argentine qui n’a de cesse de défendre un théâtre de recherche, radical, farouchement indépendant.

Spécificité de cette “Gaviota” (“mouette” en français), la distribution est intégralement féminine. Cinq comédiennes (Pilar Boyle, Paula Fernandez Mbarak, Marcela Guerty, Clarisa Korovsky et Romina Padoan) se partagent tous les rôles de la pièce emblématique d’Anton Tchekhov.

Et comme les actrices sont hispanophones, le spectacle est joué en langue espagnole. Ce qui donne une résonance particulière à la partition tchekhovienne et renforce sa modernité et sa véracité : de Buenos Aires à Moscou, le mal de vivre, le mal d’aimer sont les mêmes.

De surcroît, le spectacle est immersif : les comédiennes boivent un verre, grignotent ou relisent des notes assises devant une table centrale autour de laquelle est aussi conviée une partie du public.

Pour autant, Guillermo Cacace revendique une lecture respectueuse, admirative même de l’œuvre tchekhovienne. Dans un espace restreint pour une centaine de spectateurs, il tient à lui donner sa pleine puissance mélancolique et profondément émouvante.

Et c’est avec un intérêt renouvelé que l’on devrait retrouver l’intrigue, ou plutôt les intrigues, de la pièce. La jeune Nina (la Mouette) se rêve toujours actrice, Konstantin (un jeune artiste) l’aime et la perd, Trigorine (un écrivain reconnu) joue de son statut pour séduire Arkadina (une actrice réputée) et Masha (une jeune fille) observe les drames à venir… L’ensemble révélant une puissante réflexion sur les différents enjeux de la création artistique qui n’a rien perdu de son acuité.

Gaviota – Du 4 au 8 février aux Célestins

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