Les organisateurs des JO-2030 vont pouvoir souffler un peu : l'adoption par l'Assemblée nationale, après le Sénat, du projet de loi olympique marque une avancée décisive pour le projet, qui a connu de nombreuses tensions fin 2025.
Les députés ont adopté mardi lors d'un vote solennel le texte relatif à l'organisation de ces jeux d'hiver dans les Alpes françaises, malgré l'opposition de la France insoumise, des Ecologistes et de certains communistes. Un examen en commission mixte paritaire est prévu le 27 janvier, avant un vote définitif prévu début février.
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Le comité d'organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojop) s'est réjoui mardi soir dans un communiqué d'une "avancée majeure", saluant "le soutien clair de la représentation nationale, avec 403 voix favorables sur 502 suffrages exprimés".
"Très importante pour la suite des opérations", selon les mots mardi de la ministre des Sports Marina Ferrari, la loi va permettre des dérogations temporaires au droit commun en matière d'urbanisme, de logement, de santé, de travail mais aussi de sécurité - un volet dont certaines mesures ont été dénoncées à gauche comme liberticides.
Trois procédures en cours
Le texte prolonge par exemple jusqu'en 2027 l'expérimentation d'un dispositif de vidéosurveillance algorithmique, testé notamment lors de Paris 2024 et censé permettre de détecter plus facilement certains comportements comme un mouvement de foule ou la présence d'une personne dans une zone interdite. Il prévoit également la possibilité pour les agents privés de sécurité d'inspecter visuellement des véhicules et leur coffre.
Et en optant pour un vote solennel, soit devant un hémicycle rempli, l'objectif était de "tordre cette idée qu'on serait dans une sorte d'organisation du déni de la démocratie", a-t-elle ajouté.
Car trois procédures sont actuellement en cours, devant un organisme onusien à Genève et aux tribunaux administratifs de Lyon et Marseille, à l'initiative du collectif citoyen JOP 2030 qui dénonce l'absence "de participation du public au processus décisionnel" avant la candidature comme depuis l'attribution de ces jeux.
La loi olympique prévoit une consultation publique par voie électronique, qui "va donner encore davantage de légitimité démocratique au projet, ce qui ne nous empêche pas de faire des consultations sur un mode plus classique, avec des réunions publiques au niveau de chaque ouvrage que nous allons devoir livrer", a souligné la ministre.
"Petit coup d'arrêt"
D'autres nuages se sont amoncelés en fin d'année sur le projet JO 2030 : localement, des tensions sur la répartition de la charge financière ont éclaté au grand jour. Le maire de Courchevel, Jean-Yves Pachod, a ainsi demandé une augmentation des aides Etat-région pour rénover les tremplins de saut du Praz en vue des JO, selon un courrier consulté par l'AFP.
Hervé Gaymard, président du conseil départemental de Savoie, avait de son côté rappelé que plus de 11 millions d'euros avaient été consacrés depuis les JO d'Albertville en 1992 à ce tremplin ainsi qu'à la piste de bobsleigh de La Plagne. Et que 40 millions d'euros seraient mobilisés par le département pour le réseau routier en vue des Jeux.
Refusant d'être "une variable d'ajustement budgétaire" pour le projet, il avait annoncé que la Savoie suspendait "jusqu'à nouvel ordre de sa participation" aux réunions de préparation des JO 2030.
Le comité d'organisation a aussi encaissé un coup dur en décembre, avec la démission de sa directrice des opérations, Anne Murac. Elle devait superviser la "carte des sites" qui comporte encore plusieurs inconnues, comme la réintégration définitive de Val d'Isère dans le projet pour accueillir les épreuves techniques de ski alpin, ou la localisation en Italie ou aux Pays-Bas de l'anneau de vitesse.
Sans oublier les critiques d'ordre environnemental : le projet est "en contradiction flagrante avec l'accord de Paris, la loi Climat et son objectif de zéro artificialisation nette", avaient jugé dans une tribune publiée dans Le Monde l'association Mountain Wilderness et plusieurs personnalités dont les chanteuses Camille et Emilie Loizeau, le cinéaste écologique Cyril Dion, les glaciologues Heidi Sevestre et Jean-Baptiste Bosson et les responsables de plusieurs ONG.
En décembre également, l'association Résilience Montagne avait dénoncé "un scandale financier, économique, environnemental, social", selon elle "à rebours de tous les enjeux".
