Gautier Chapuis
Gautier Chapuis

"L'écologie, c'est aussi la justice sociale", assure Gautier Chapuis

Gautier Chapuis, adjoint à la Ville de Lyon et coprésident du groupe Les Ecologistes au conseil municipal, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Quelques jours après l'annonce des premières mesures portées par le candidat Grégory Doucet, Gautier Chapuis, coprésident du groupe Les Ecologistes au conseil municipal, assure que l'ADN de la majorité sortante n'a pas changé malgré un virage qui semble plus social depuis l'entrée en campagne de l'union de la gauche sans LFI : "l’écologie ne concerne pas uniquement l’environnement : c’est aussi la justice sociale".

Gautier Chapuis revient aussi sur le cri d’alarme des acteurs des travaux publics qui accusent les écologistes d’avoir stoppé tous les chantiers : "Il y a encore des travaux à la Ville de Lyon. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’il fallait calmer le jeu".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Gautier Chapuis

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Gauthier Chapuis. Bonjour. Vous êtes coprésident du groupe Les Écologistes à la Ville de Lyon. Je voulais revenir avec vous, peut-être moins sur l’actualité du conseil municipal que sur celle de la campagne des élections municipales. Grégory Doucet a annoncé ses premières mesures la semaine dernière. Paradoxalement, il n’y a aucune mesure environnementaliste ou écologiste dedans. Pour vous aussi, l’écologie, ça suffit ?

Il n’y a aucune mesure, vous l’avez dit, potentiellement environnementaliste pour le moment. Ce sont huit premières mesures. En revanche, elles sont bien écologistes, puisque l’écologie ne concerne pas uniquement l’environnement : c’est aussi la justice sociale, c’est aussi la démocratie. Ces huit premières mesures en témoignent. Elles répondent à quelque chose de très clair : ce sont les Lyonnais et les Lyonnaises qui nous en ont parlé lors de la grande écoute que nous avons menée ces derniers mois. Mille Lyonnais et Lyonnaises ont été auditionnés et écoutés sur le territoire, quel que soit leur âge ou leur quartier. Ces mesures répondent donc à ces attentes : pouvoir vivre Lyon au quotidien, se loger, se soigner, pouvoir se déplacer en toute sécurité.

Pas du tout, ce n’était pas un angle mort de notre bilan. D’ailleurs, on va le voir lors du conseil municipal de cette semaine : le financement du Centre communal d’action sociale par la Ville de Lyon a doublé par rapport au mandat précédent. On pourrait également parler de l’hébergement d’urgence. Le social fait partie de notre projet politique : faire de la justice sociale, c’est de l’écologie.

Quand Grégory Doucet parle de faciliter la vie des Lyonnais, cela signifie que ça n’a pas toujours été le cas ? Est-ce une forme de mea culpa ?

Non. Encore une fois, l’adaptation de la Ville de Lyon, notamment à travers le Centre communal d’action sociale dont le budget a doublé pour les plus précaires et pour nos aînés, c’est tout ce que nous avons fait pendant le mandat. Adapter la Ville de Lyon en la végétalisant, en la transformant pour faire face aux fortes chaleurs et aux canicules, c’était aussi faciliter la vie des Lyonnais et des Lyonnaises. En revanche, ce qui est vrai, c’est que ce mandat a été marqué par de nombreuses crises, à commencer par le Covid, mais aussi par l’inflation. Aujourd’hui, les gens rencontrent davantage de difficultés financières et sociales. Le contexte est complètement différent et ces mesures viennent y répondre, notamment sur le logement. C’est une question que nous avons beaucoup entendue : pouvoir proposer une garantie logement à toutes les personnes qui cherchent un appartement. On voit à quel point c’est compliqué pour les étudiants, pour les étudiantes, mais aussi pour les personnes qui se séparent ou pour les familles monoparentales. Être à leurs côtés dans ces moments-là était important.

La Fédération des travaux publics accuse les écologistes à la Métropole et à la Ville de Lyon de mettre fin aux chantiers de manière brutale afin que la ville soit exempte de travaux pendant toute la période des élections municipales. Que leur répondez-vous ? Y a-t-il une volonté délibérée de la Ville de tout mettre sur pause ?

Pas du tout. D’ailleurs, les chantiers se poursuivent : il y a encore des travaux à la Ville de Lyon. En revanche, ce qui est certain, et nous l’avions annoncé il y a plus d’un an, c’est qu’il fallait calmer le jeu. Nous l’avions entendu de la part des habitantes et des habitants. Cela avait été annoncé par Bruno Bernard et par Grégory Doucet, le maire de Lyon : il fallait permettre à la ville de se transformer tout en étant à l’écoute des habitants et des habitantes. C’est ce que nous avons fait. En fin de mandat, il y a toujours une inquiétude de la part du BTP et des travaux publics concernant l’avenir des politiques d’aménagement et des projets, avec les échéances politiques de mars prochain. Cette crainte doit être prise en compte. Il faut leur dire que les travaux vont bien sûr continuer, que la ville va continuer à se transformer. Une ville où il se passe quelque chose est une ville où il y a des travaux. Il faut donc les rassurer : les travaux vont se poursuivre, même si la période électorale va nécessairement rebattre les cartes du projet.

Pour vous, la fin des travaux correspond-elle au moment où vous espérez remonter dans les sondages ? Vous êtes déjà venu ici en expliquant que, pour l’instant, il y a un mécontentement des Lyonnais quant à la quantité de travaux, mais qu’ils se rendront compte à la fin que la ville est plus vivable et plus adaptée. Sommes-nous, selon vous, dans les dernières semaines difficiles, avant une embellie prévue pour le mois de janvier ?

Concernant les travaux, effectivement, la majorité d’entre eux se terminent d’ici la fin de l’année, et c’est une bonne chose. Nous sommes dans une phase de plantation : c’est la pleine saison. Ce sont donc des travaux bénéfiques. Généralement, lorsque l’on voit arriver les arbres, c’est que l’espace public s’est transformé. En revanche, ce qui fait une campagne, c’est une dynamique, une équipe, des projets. Ces premières mesures répondent à ces attentes, et il y en aura bien sûr d’autres au début de l’année prochaine. C’est cela qui fait une campagne.

In fine, les gens votent pour vous en fonction de ce que vous proposez. Or, pour l’instant, les dynamiques semblent plutôt vous être défavorables.

La campagne commence tout juste. Les premières mesures viennent d’être annoncées. Nous avons lancé la campagne dans les arrondissements, et les salles étaient combles, ce qui est heureux. La dynamique est tout juste enclenchée. Nous tenions aussi à aller au bout de notre mandat : c’est un principe de redevabilité. Nous étions en poste et il fallait y rester jusqu’au bout. Pour moi, par exemple, la période de plantation est très importante, il fallait donc être en responsabilité à ce moment-là. Les premières mesures arrivent, il y en aura d’autres. J’ai parlé du logement, mais une autre attente majeure concerne l’accès aux soins. Nous y répondons avec les centres médicaux et avec la mutuelle municipale. C’est l’ensemble de ces éléments qui va créer la dynamique et répondre aux attentes des Lyonnais et des Lyonnaises, qui, j’en suis sûr, voteront pour nous.

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