Article payant

Harcèlement scolaire : prévention et solutions

Depuis mars 2022, une loi française reconnaît le harcèlement scolaire en tant que délit puni pénalement. Malgré cette avancée, les cas se multiplient, continuant de faire des ravages parmi ceux qui en sont victimes, chez les témoins, mais aussi les intimidateurs. S’exprimant parfois dès le CM1, c’est au collège et en début de lycée qu’il est le plus présent. Pourquoi un enfant devient harceleur ou harcelé ? Que faire si son enfant est concerné ? Docteur en psychologie clinique, psychanalyste et auteur du livre Plus jamais harcelés. En finir avec la maltraitance entre adolescents (éditions Vuibert), Saverio Tomasella fait le point pour Lyon Capitale.

Lyon Capitale : À partir de quand peut-on parler de harcèlement ? Comment le distinguer d’une simple brimade ?

Saverio Tomasella : Le harcèlement se définit comme des violences intentionnelles, répétées et régulières, contre une même personne. Il s’accompagne généralement d’un effet de groupe. Il peut prendre plusieurs formes : moqueries, provocations, insultes, bousculades, vols d’objets, racket… Il peut aussi s’exprimer de manière indirecte quand la victime est isolée, prise en photo lorsqu’elle est dénudée ou dans une posture désavantageuse, ou encore qu’elle est l’objet de rumeurs malveillantes… Le cyberharcèlement sévit sur les réseaux sociaux. Il est important de ne banaliser aucune forme isolée d’irrespect, car il y a toujours un risque qu’elle s’intensifie et se transforme en harcèlement.

Existe-t-il un profil type de l’adolescent harceleur ?

Le harceleur accorde une grande importance à sa popularité, qu’il instaure tout d’abord par la séduction puis par la peur. Pour plaire aux autres, il cherche à dominer celui qui est mal vu dans le groupe, en général parce qu’il est différent. Il veut avoir un ascendant sur sa cible, et à travers elle sur tout le groupe. Paradoxalement, c’est en général un jeune qui manque de confiance en lui. Il peut être lui-même violenté à la maison ou avoir été harcelé auparavant. Il se dit que maintenant, c’est à son tour de faire souffrir. Les intimidateurs manquent cruellement d’empathie, et peuvent aller jusqu’à dire des choses terribles comme par exemple : “Suicide-toi, ça nous fera des vacances.”

Il vous reste 74 % de l'article à lire.
Article réservé à nos abonnés.

Connectez vous si vous êtes abonnés
OU
Abonnez-vous

Suivez-nous
tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut