Gilbert.k et Gérard Visser ne rentrent dans aucun tiroir mais s’éclatent au Polaris. Leur exposition commune est encore visible quelques jours à Corbas.
Gilbert.k, le rêve perpétuellement transformé
Gilbert.k est l’inventeur du Kïsme, mouvement dont elle est l’unique membre. Quasi obsessionnelle dans la répétition du geste, elle installe un univers dessiné tour à tour onirique, cocasse, érotique, fantasmagorique ou inquiétant.
Tout va, vient et vit au fil de son Critérium HB 0,7 mm. Elle crée une œuvre de 9 m par 1,15 m, sorte de travail de bénédictin(e) qui réussit à allier l’épure et le grouillement, et de tout petits formats intimes et concentrés.
Des formes naissent, évoluent, semblent sexuelles et figuratives, étranges et abstraites, avant de se transformer en autre chose. Avec humour et pouvoir d’évocation. Dans une quête de la matière et de la lumière. Sa technique personnelle rend le rêve organique et l’organique évanescent.
Gérard Visser, la poésie de l’imprévu
Gérard Visser vient avec ses titres à surprise (Têtes de fromages, Le Petit Litre rouge...), ses boîtes à fromages, machines à chaussures, machine à cochons, ses montages plus abstraits, ses peintures-saynètes et ses tronches de bar, les couleurs chaudes et vives, ses montages à merveilles électriques... Ça bouge, ça brinquebale, ça babasse, c’est toujours en mouvement !
Inspirée par Tinguely et Niki de Saint Phalle, son œuvre propose de constants va-et-vient entre l’imaginaire, l’idée et la nature même de l’objet récupéré. Le quotidien est sa base, l’actualité l’inspire : ainsi La Machine Charlie, créée après le 7 janvier de sinistre mémoire, ou On habite tous dans ma valise, prémonitoire des migrants.
Gérard Visser aime “faire des vagues”, c’est-à-dire faire bouger l’espace dans un univers entre le magasin de coucous suisses et la poésie de l’imprévu. Son joyeux bordel façon fête foraine nous confronte à l’absurde en costume de fêtard.
