Fantastiques Lyonnais !

En réalisant un probant match nul (1-1) sur la pelouse du Real Madrid, l’OL s’est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. Un exploit retentissant et historique.

De notre envoyé spécial à Madrid.

Depuis quelques années, les observateurs du football français le répètent à l’envie : pour que l’OL puisse un jour être considéré en Europe, cela devait forcément passer par un exploit sur la scène européenne. Si le club de Jean-Michel Aulas a déjà fait vaciller plusieurs ténors dans les phases de poule par le passé (Real Madrid, Bayern Munich, Inter Milan, Liverpool…), jamais le club rhodanien n’a sorti un « grand d’Europe » en match à élimination directe. Que ce soit face au FC Porto en 2004, au Milan AC en 2006, Manchester United en 2008 ou Barcelone en 2009. Bref, ce choc face au Real était une occasion en or de transformer l’essai. Pouvant compter sur la totalité de son effectif, -seul Michel Bastos, blessé, n’avait pas fait le déplacement dans la capitale espagnole.

Sauve qui peut…

Claude Puel avait décidé d’aligner le même onze de départ que lors du match aller. Les Lyonnais évoluant en 4-3-3 avec Lisandro à la pointe de l’attaque lyonnaise soutenu par Govou et Delgado. Face à une équipe du Real qui enchaînent les succès en Liga, la tâche s’annonce ardue pour les Lyonnais qui devront sortir le grand jeu pour espérer poursuivre leur parcours en Ligue des Champions. Dès l’entame de match, le Real qui avait promis « l’enfer » aux Gones , multipliant les déclarations fracassantes dans la presse ces derniers jours, attaque le match pied au plancher. Sixième minute de jeu. Bien lancé par Guti, Cristiano Ronaldo prend de vitesse Cris et ne laisse aucune chance à Lloris (1-0). Les Madrilènes sont bien entrés dans le match et poursuivent leurs assauts offensifs. Lyon résiste tant bien que mal.

Esseulé sur le front de l’attaque rhodanienne, Lisandro semble bien impuissant. Les Merengues dominent et accentuent leur pression sur la cage lyonnaise. Vingt-sixième minute. Higuain, plein axe, part seul au but. Hugo Lloris sort de ses dix-huit mètres mais le franco-argentin réussit à l’effacer et tente une frappe qui heureusement pour les Gones atterri sur le poteau. Vingt-huitième minute. Toujours aussi en verve, les Espagnols se créent une grosse occasion. Idéalement servi par Kakà, Higuain, toujours lui, enroule sa frappe mais Lloris s’interpose. Lyon souffre et peut s’estimer heureux de rentrer aux vestiaires sur ce score de 1-0 pour le Real. Dominés dans tous les compartiments du jeu, les Lyonnais sont impuissants et complètement dépassés par les évènements. Mais ils n'ont encaissé qu'un but, et restent donc totalement en course pour la qualification.

Miré Pjanic, ce héros !

Les oreilles des joueurs olympiens ont du siffler à la pause. Une prise de conscience collective également tant les Lyonnais ont paru respecter le Real en première période. Une anecdote révèle d'ailleurs le changement d'état d'esprit des Gones. Lisandro avait écrit sur le tableau dans le vestiaire : "Les gars, jouons les uns pour les autres. Ce soir, c'est le match de notre vie". Par ailleurs, Claude Puel opère un double changement en sortant Jean-Alain Boumsong et Jean-II Makoun, remplacés par Maxime Gonalons, auteur d'une rentrée éblouissante, et Kim Källström. Jérémy Toulalan évolue en défense centrale. Du coup, Lyon joue beaucoup plus haut et réussi à se procurer quelques occasions. Cette nouvelle organisation tactique gêne considérablement le jeu proposé par les Merengues. Soixante-quinzième minute. Suite à une magnifique action collective emmenée par Delgado et Lisandro, Miralem Pjanic contrôle et frappe à bout portant. Iker Cassilas est battu. Le milieu bosniaque, en difficulté toute la rencontre, inscrit le but salvateur (1-1).

Historique !

Il reste un quart d'heure à jouer et les coéquipiers de Cris sont qualifiés pour les quarts de finale…ce qui redonne de la voix aux 2600 supporters lyonnais qui ont fait le déplacement à Santiago Bernabéu. Certains aficionados quittent déja les travées de Bernabéu. Les Olympiens jouent sans complexes. Lisandro puis son compatriote Delgado sont à deux doigts de tuer le match mais leurs frappes passent à côté des cages de Casillas. Peu importe, ce match nul permet aux Lyonnais de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des Champions (aller le 30-31 mars avril - retour le 6-7 avril).

Lyon qui s’est toujours senti mal aimé dans le paysage du football français…vient de réaliser un exploit gigantesque. Moribonds il y a encore trois mois, l'OL tient enfin sa performance de haut vol, très certainement l'année où le club était le moins attendu. La magie du football. On ne sait pas de quoi sera faite la suite pour le club rhodanien. Ce soir, la question n'est pas là. Le mercredi 10 mars 2010 restera, à coup sûr, une date historique pour tous les amoureux de l'Olympique Lyonnais.

à lire également
Bertrand Traoré en pleine action, contre Bordeaux, le 28 janvier 2018 © Nicolas Tucat / AFP
Du Burkina à l’Europe, Bertrand Traoré (22 ans) se plonge dans ses souvenirs pour Lyon Capitale. Une trajectoire rapide pour l’attaquant de l’OL, très imprégné par sa culture africaine.
9 commentaires
  1. @jamesb - 11 mars 2010

    Vous avez parfaitement raison. Je fais une brève sur le sujet. Merci.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut