Après une consultation qui a mobilisé plus de 1 500 Stéphanois, la Ville a lancé, le 10 septembre, un appel à manifestation d’intérêt auprès des organismes de complémentaire santé. L’objectif affiché est une mise en service au 1er janvier 2027, avec des tarifs négociés et des garanties destinées notamment aux habitants sans couverture collective.
Le dossier change de rythme. Lancée au printemps, la démarche de la municipalité pour créer une mutuelle communale solidaire est désormais passée de la consultation à la recherche de l’organisme qui portera l’offre. La Ville indique avoir reçu plus de 1 500 réponses à son questionnaire, dont près de 1 100 personnes se sont déclarées intéressées.
Le 10 septembre, un appel à manifestation d’intérêt a été adressé aux mutuelles. La collectivité prévoit d’annoncer son choix à la mi-novembre, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
Un tarif négocié plutôt qu’une assurance municipale
Le principe est celui d’une négociation collective. La Ville cherche à obtenir, pour les habitants, des conditions tarifaires et de couverture plus favorables que celles d’un contrat individuel. Elle ne devient pas l’assureur : l’offre finale sera proposée par l’organisme retenu, auquel les habitants pourront adhérer.
La municipalité avance un objectif d’économie de 10 à 20 % à garanties équivalentes, avec un gain annoncé d’au moins 200 euros par an. Rapporté au mois, cela représente environ 16,70 euros. Ces montants restent des objectifs : le tarif réel dépendra de l’offre sélectionnée, des garanties choisies et de la situation des assurés.
Autre engagement : une adhésion sans questionnaire médical et sans discrimination liée à l’âge ou à l’état de santé. Le cahier des charges doit aussi prendre en compte l’optique, le dentaire et l’hospitalisation, ainsi que la proximité, la prévention, l’accès aux droits et la solidarité.
Un dispositif pensé pour élargir l’accès aux soins
La démarche vise notamment les retraités, étudiants, travailleurs indépendants et ménages aux revenus modestes, ainsi que les personnes sans mutuelle. Une complémentaire santé couvre une partie des dépenses restant à la charge de l’assuré après les remboursements de l’Assurance maladie. Elle ne doit pas être confondue avec la Complémentaire santé solidaire (C2S), dispositif public soumis notamment à des conditions de ressources.
Le contexte local donne une idée des enjeux. Selon les dernières données de l’Insee, Saint-Étienne comptait 173 136 habitants en 2023 et 86 834 ménages. Le taux de pauvreté atteignait 30 %, tandis que le niveau de vie médian s’établissait à 20 880 euros. Ces données ne mesurent pas le nombre de personnes sans complémentaire, mais éclairent les enjeux d’accès aux soins.
À l’échelle nationale, la complémentaire santé représente aussi un poste important. En 2023, les organismes complémentaires ont collecté 43 milliards d’euros de cotisations santé et versé 34,9 milliards d’euros de prestations, selon la Drees. Les prestations avaient progressé de 6,4 % sur un an, notamment de 6,2 % en optique et de 5,5 % en dentaire.
Reste désormais à connaître l’offre concrète. La Ville indique que son cahier des charges a été construit à partir des réponses au questionnaire et des échanges avec les associations locales. Le nom de l’organisme retenu doit être annoncé à la mi-novembre, avant une mise en place annoncée au début de 2027.
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