Wauquiez 2015 promesses

Régionales : les promesses de Wauquiez (LR) sont-elles crédibles ?

Baisse d’impôts, policiers dans les TER, médecins de campagne, apprentis… Ces promesses figurent dans le programme du candidat Les Républicains pour les élections régionales des 6 et 13 décembre. Sont-elles réalisables, démago, voire déjà faites ? Lyon Capitale a vérifié en fonction des compétences du conseil régional, qui n’autorisent pas une grande liberté d’action. Fact-checking.

Une baisse d’impôts

© Lyon Capitale

L’idée – Laurent Wauquiez dénonce l’explosion des impôts à la région et oppose les baisses d’impôt qu’il opère en tant que maire.

Laurent Wauquiez le martèle depuis des mois : “Je veux être jugé sur des actes. Dans ma ville, je baisse les impôts depuis trois ans.” Quand Lyon Capitale lui a fait remarquer que ses diminutions étaient à des taux très marginaux (0,3 %), il nous a opposé la hausse de la région : 25 %. Si le candidat de la droite fait ce parallèle, il n’a encore jamais annoncé précisément vouloir baisser les impôts.

Et pour cause : le conseil régional n’a aucune marge de manœuvre en matière de fiscalité. “Promettre une baisse n’aurait aucun sens. Je ne l’avais pas fait au Puy-en-Velay mais, comme j’ai réalisé des économies, j’ai pu les baisser”, rappelle le candidat de la droite.

L’augmentation de 25 % qu’il évoque couvre la période 2004-2010. Depuis la suppression de la taxe professionnelle, la quasi-totalité des recettes fiscales du conseil régional sont indirectes. Il n’a une autonomie fiscale que sur une partie de la taxe sur les cartes grises et la taxe intérieure sur les produits énergétiques (essence, gazole). Pour ces deux impôts, Rhône-Alpes se situe dans la fourchette haute des régions les plus imposées.

Laurent Wauquiez chiffre à 80 millions d’euros les recettes fiscales générées par la hausse de ces deux taux, soit 10 euros par an et par habitant. Si la démonstration est convaincante, il ne promet pas de l’appliquer.

Des policiers dans les TER

© Lyon Capitale

L’idée – Instaurer une brigade ferroviaire pour remédier au manque de sécurité dans les trains que dénonce Laurent Wauquiez.

Laurent Wauquiez a imposé la sécurité dans les TER comme un thème de campagne en avançant le chiffre de 7 600 agressions par an dans les trains régionaux. Un chiffre jugé totalement farfelu par Jean-Jack Queyranne : “Il prend en compte les actes de délinquance commis dans tous les transports en commun et une zone qui s’étend à la région Paca.”

Le candidat de la droite campe sur ses positions. Et les chiffres plaident pour lui : le territoire ciblé par Laurent Wauquiez recouvre les régions Rhône-Alpes et Auvergne. Le candidat de la droite réclame “le même traitement que la région Ile-de-France. Ils ont une police ferroviaire dédiée. 300 agents supplémentaires pour notre région, ce serait bien”.

Avec une enveloppe de 5 millions d’euros, il veut aussi équiper toutes les gares et tous les trains de matériel de vidéosurveillance. Seule cette dernière proposition semble du ressort d’un président de conseil régional. Pour ce qui est des agents de sécurité dans les trains, l’État vient de dévoiler son dispositif et il n’épouse pas les préconisations de Laurent Wauquiez.

La réduction du train de vie

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L’idée – Opérer de sérieuses coupes budgétaires pour alléger la masse salariale.

En matière budgétaire et hors impôts, un président de conseil régional a quelques marges de manœuvre malgré le fait qu’une partie du budget soit composée de dépenses incompressibles, puisque transférées par l’État. Les dépenses liées aux compétences propres de la région représentent actuellement 75 % de son budget. Ce chiffre est d’ailleurs avancé par Jean-Jack Queyranne lui-même.

Laurent Wauquiez entend supprimer les subventions au dialogue social : “Ce n’est pas le rôle de la région.” Il veut aussi alléger la masse salariale : “Jean-Jack Queyranne a 55 membres de cabinet. Quand j’étais ministre, j’en avais moins.” Toutefois, le candidat de la droite et du centre ne s’engage pas sur le nombre de collaborateurs qui l’entoureront s’il est élu. “L’investissement par habitant est le plus faible de France. La dette a été multipliée par cinq”, déplore le secrétaire général des Républicains.

Il promet en outre un audit des structures parapubliques dans lesquelles la région a des engagements, en s’appuyant sur “les scandales d’Erai, de l’Arald”. Laurent Wauquiez veut aussi baisser les indemnités des élus de 5 à 10 % : “Quand on veut être exemplaire, l’effort doit partir d’en haut.”

Apprenti = marché public

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L’idée – Faciliter l’accès aux marchés publics des petites entreprises locales en échange de l’embauche d’apprentis.

Laurent Wauquiez veut inciter les entreprises à embaucher des apprentis en leur facilitant l’accès aux marchés publics de la région. “Je suis juriste, membre du Conseil d’État, je connais ce que l’on peut faire avec le Code des marchés publics”, assure-t-il.

De nombreuses collectivités se servent déjà des règles d’attribution des appels d’offres pour favoriser des sociétés locales. “En découpant un marché en petits lots, en incluant des clauses comme le non-recours à la sous-traitance, on peut leur donner plus de chances de remporter des marchés. C’est aussi une manière de ne pas avoir de salariés détachés sur un chantier. Je le fais dans ma ville du Puy-en-Velay”, expose Laurent Wauquiez. Il se fixe l’objectif de 70 000 apprentis.

Des médecins de campagne

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L’idée – Casser le numerus clausus en fac de médecine pour lutter contre les déserts médicaux en milieu rural.

Laurent Wauquiez entend faire sauter le verrou du numerus clausus, qui est l’une des causes régulièrement mise en avant pour expliquer la désertification médicale. Problème, ce type de décision ne relève pas d’un président de conseil régional, mais du gouvernement.

“Ce n’est évidemment pas de la compétence d’un président de région, mais je vais me battre. Je ne resterai pas spectateur d’une situation absurde qui fait échouer nos étudiants et crée des déserts médicaux dans nos campagnes. Cela ne réglera pas tous les problèmes, mais ça aidera”, affirme Laurent Wauquiez, qui propose aussi une incitation financière, sous forme d’une bourse de 1 200 euros pour des étudiants en médecine qui s’engageraient à exercer dans une zone déficitaire.

Un campus du numérique

© Lyon Capitale

L’idée – Ouvrir, sur le site de l’ancien hôtel de région à Charbonnières, le premier campus du numérique, avec des formations continues et initiales.

La mesure se veut symbolique. Sur le site de l’ancien hôtel de région, dans lequel il voit l’incarnation d’une gabegie financière, Laurent Wauquiez veut construire un campus universitaire dédié aux métiers du numérique, “un Harvard du numérique”.

“Ce sera le projet phare de mon mandat. Le numérique va révolutionner tous les métiers. Si l’on veut que la région reste un leader économique, il ne faut pas rater ce tournant. Sur ce campus, nous travaillerons du bac pro jusqu’à l’ingénieur en formation continue. À terme, je veux que chaque formation ait un volet digital. Nous créerons une pépinière d’entreprises et nous fournirons du conseil en entreprise. Les enseignants pourront aussi venir se former au e-learning. Aujourd’hui, la région fournit des tableaux numériques, mais Jean-Jack Queyranne ne travaille pas sur le contenu”, peste Laurent Wauquiez.

Le campus se bâtirait sous la forme d’un partenariat avec des acteurs privés. “J’en ai parlé avec LDLC, qui vient d’ouvrir son école, ou avec les responsables de l’école Free, qui sont intéressés”, poursuit Laurent Wauquiez.

Ce projet est techniquement réalisable, puisqu’il se situe à la croisée de la plupart des compétences propres du conseil régional : éducation, université, recherche, emploi, formation professionnelle.

Lyon Capitale passe au crible les promesses des quatre principaux candidats, lire aussi :
Les promesses de Kohlhaas (EELV-PG) sont-elles crédibles ?
Les promesses de Boudot (FN) sont-elles crédibles ?
Les promesses de Queyranne (PS) sont-elles crédibles ?
2 commentaires
  1. spacelex - ven 4 Déc 15 à 17 h 01

    200 millions d'Euros par an pendant 10 ans. 2 milliards d'Euros !! C'est le montant du racket fiscal de JJQ avec l'augmentation de la TRPP à son taux maximal. 2 milliards d'Euros qui n'ont pas profité à l'économie régionale et surtout qui ont mis une pression supplémentaire sur le budget des familles. Pour en faire quoi : embaucher autant d'obligés que possible. Financer des structures dont le contrôle de la gestion des subventions est impossible tant elles sont nombreuses. Dimanche, qu'il vente, pleuve ou neige : sortez et votez pour nous débarrasser de cette clique socialo bobo.

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