"Quand je rêve¦ c'est de la victoire !"

Lyon Capitale : Vous faites partie du Q.G. de campagne depuis maintenant 6 semaines. Quelle est l'ambiance aujourd'hui ?
Najat Belkacem : En ébullition ! Ça l'est toujours mais là, on a un peu créé l'événement avec la proposition d'ouverture à Bayrou, c'est particulièrement enthousiasmant, excitant. Et puis on est à quelques jours du second tour, d'un moment historique. On a le sentiment d'avoir bien géré l'après-premier tour avec cette volonté de rassemblement. C'est bien parti.

C'est parti mais certains au PS trouvent que c'est dangereux d'annoncer des ministres UDF.
Non, Ségolène Royal a réuni les parlementaires socialistes et les responsables de fédérations et il en est ressorti un accord majoritaire avec ce qu'elle a proposé. On est à la fois dans le pragmatisme - on ne gagnera pas simplement avec le PS et l'extrême-gauche - et puis d'un autre côté, l'ouverture prônée par Ségolène Royal se fait sur la base du Pacte présidentiel. On n'a pas le sentiment d'avoir renoncé à quelque chose.

Vous êtes prêts à rajouter quelque chose au Pacte ?
L'idée est plutôt d'éclairer le Pacte pour y voir les convergences réelles entre ce qu'a dit François Bayrou comme le renouvellement des institutions ou l'Etat impartial.

Personnellement, en quelques semaines, vous avez pris beaucoup d'assurance et fait beaucoup de progrès dans l'expression. Ça s'est passé comment ?
Au début, j'ai été très humble. J'ai regardé les choses fonctionner. Et puis on se prend vite au jeu. Plus on approchait de l'échéance, plus il y avait urgence pour moi à m'exprimer. A force de vivre le Pacte présidentiel, de vivre avec, d'y croire, ça devient une seconde nature. Je pense pacte présidentiel, je vis pacte présidentiel (rires). Et quand je rêve... c'est de la victoire.
Et pour la suite ?
J'ai du mal à imaginer. Mon énergie est concentrée sur le 6 mai. Mais dans ma circonscription, ça se passe bien. Que Christian Philip annonce le lendemain des résultats de Sarko qu'il sera candidat, c'est la preuve très encourageante qu'il n'a pas réussi à s'entendre avec Dominique Perben. La bataille à droite va laisser des marques profondes.

Mais sur l'ensemble de Lyon, les résultats ne sont pas bons pour la gauche.
C'est vrai, j'ai été un peu déçue.

Ségolène Royal est très inégale dans ses prestations. Bonne sur France 2 avec Arlette Chabot, mauvaise le soir du premier tour par exemple.
Le soir du 1er tour, les résultats sont arrivés après beaucoup d'heures d'intoxication, de conneries. Le sondages sortis des urnes donnaient une égalité Sarko-Ségo. Au final, arriver à 31-27, ça fait bizarre ! Il y a eu sa volonté d'attendre que tous les candidats d'extrême-gauche s'expriment et puis dans sa tête il y avait déjà cette réflexion : qu'est-ce que je fais au niveau de Bayrou ? Comment je l'annonce, etc. Ça a retardé son intervention et pu donner l'impression qu'elle parlait en même temps qu'elle réfléchissait. Mais elle reste fidèle à elle-même.

Ce soir-là, comme un certain nombre de socialistes, elle pensait peut-être avoir perdu...
Ah non, pas du tout. Elle y croit. On y croit tous.

En la fréquentant, quelle Ségolène avez-vous découvert ?
J'ai découvert une femme de conviction, sincère et droite dans ses bottes. Qui ne fait pas de compromission.

Elle n'en fera pas avec Bayrou.
Non, elle a été claire, l'ouverture se fera sur la base du pacte présidentiel.

Elle est tout de même prête à lâcher quelque chose ?
Et bien oui, des ministres UDF !

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