REPORTAGE - Malgré leur défaite cinglante et le gros résultat du FN, leur ennemi n°1, Les Verts croient dur comme fer en les prochaines législatives.
À 2% - pardon 2,3% - de voix, c'est sûr, c'était pas l'ambiance des grands soirs chez les écolos. Mais le score d'Eva Joly n'est finalement pas ce qui a le plus terni la soirée des militants et des sympathisants Verts. À vrai dire, ce résultat tout le monde s'y attendait peu ou prou. "Le Pen à 20%, en revanche, c'est extrêmement flippant" lâche Gaël Roustan, membre de la jeune garde départementale.
Quand, à 20 heures et des poussières, le visage de Marine Le Pen s'affiche, avec (alors) 20% des voix, un grand silence s'abat dans le local de la rue Rachais (7e), ponctué d’étranglements. Comme si une brise glaciale passait dans le dos de chacun. Puis c'est au tour d'Eva Joly d'apparaître avec ses lunettes et ses 2%. Applaudissements nourris.
Les discussions reprennent immédiatement sur le Front National. "Je me demande encore comment 20% de gens peuvent aller voter FN ?" s'interroge une militante du 4e arrondissement de Lyon. Dehors, une pluie fine tombe. Une dizaine de militants fument des cigarettes en buvant un verre. La campagne ne fait que commencer. Les discussions vont bon train sur la façon dont Les Verts vont soutenir François Hollande, qui "ne prend pas assez en valeur les thématiques structurantes des Verts". Sur le fait qu'il faut récupérer les voix du FN, notamment celles des jeunes qui votent Marine Le Pen. Comment ? "Il faut arrêter avec les solutions simplistes, assène Jean-Charles Kohlhass, président de la commission transports et déplacements au Conseil régional. Marine Le Pen crie au racisme et ça marche. Les vraies solutions sont beaucoup plus compliquées. Mais là, je n'ai pas de solutions."
Avant d'aller à la préfecture, Philippe Meirieu, président d'Europe Écologie - Les Verts Rhône-Alpes, tente de remotiver ses troupes, un peu sonnées par cette soirée somme toute assez noire. "Nous continuerons à exister et nous le ferons savoir !". Applaudissements faiblards.
Dehors, une militante tente un brin humour, pas vraiment convaincue : "Et si on ouvrait le champagne : on fait quasiment deux fois le score de Voynet ?". Silence. "Oui, bon, vous avez raison, je vais aller me prendre une bière;"
Pas l'ambiance des grands soirs pour les écolos, donc.