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Lyon 2014 : les écologistes veulent une liste autonome pour les municipales

Figures écologistes lyonnaises Emeline Baume, Philippe Meirieu ou Pierre Hémon veulent s’émanciper de Gérard Collomb pour les prochaines municipales. Certains d'avoir la capacité et la volonté militante de mener une liste autonome.

Le concept de gauche plurielle initiée dès 1995 par Gérard Collomb avec le Vert Gilles Buna formant une liste réunissant socialistes, gauche alternative et écologistes passera-t-il le cap des municipales de 2014 ? Plusieurs élus écologistes lyonnais remettent en cause aujourd’hui cette stratégie.

La fin de la gauche plurielle à la lyonnaise ?

Le dispositif reconduit en 2001 et en 2008 avait permis une élection de Gérard Collomb dès le premier tour. Oui mais voilà : "le temps a passé et cette dynamique n'existe plus" estime Emeline Baume, chargée de mission à la Région et élue lyonnaise. "Il ne s'agit pas d'être avec ou contre Gérard Collomb, mais de présenter un autre projet aux Lyonnais". De son côté, Gilles Buna nous confirme qu'il ne repartira pas pour un nouveau mandat. La figure lyonnaise de cette gauche plurielle va se retirer de la vie politique et aura ainsi "toute liberté à s'exprimer". Mais avec lui disparaît une certaine vision de cette alliance socialiste/verts à la lyonnaise.

Pour Pierre Hémon, chef de file des écologistes au conseil municipal de Lyon, "c'est une banalité démocratique" de vouloir présenter une autre liste. Philippe Meirieu, vice-président du conseil régional et candidat malheureux aux législatives dans la 1ere circonscription face au candidat du maire de Lyon le PRG Thierry Braillard, est "convaincu qu'il faut une alternative à gauche pour la ville de Lyon". Si chacun s'accorde pour affirmer que le maire socialiste a fait progresser Lyon, il n'en demeure pas moins que les écologistes se sentent pousser des ailes. Et cela pour plusieurs raisons.

Pour une politique de proximité

Tout d'abord les points de désaccord à la Ville et au Grand Lyon sont nombreux : Grand Stade, Lyon-Turin ou encore Tronçon ouest du périphérique. Ce sont de gros dossiers qui pèsent lourds sur les finances publiques mais c'est aussi une autre politique, selon eux, que devrait mener un maire. Emeline Baume souligne la nécessité de "briller à l'intérieur" et ne pas se contenter de gros projets permettant une visibilité à l'international. Elle estime qu'il faut aussi s'occuper de politique de proximité comme l'accueil en crèche, le logement accessible à tous, le développement des transports doux... Elle reproche ainsi à Gérard Collomb de ne pas assez se préoccuper du "cœur des Lyonnais". Philippe Meirieu, lui, va plus loin. Il dénonce le mode de gouvernance du maire de Lyon : "le système Collomb est au bord de l'épuisement", estime le candidat malheureux du PS et des écologistes. Pourtant un système dont il a fait les frais pendant la campagne des dernières législatives.

Une liste de large rassemblement

Enfin les succès électoraux poussent les écologistes à s'émanciper du pouvoir socialiste. Eux aussi estiment désormais pouvoir rassembler largement : "Pourquoi pas du MODEM au Front de gauche", lance Pierre Hémon. "Il faudra des gens de la société civile, des représentants des associations", précise Philippe Meirieu. "Nous sommes un peu plus fort et plus nombreux", ajoute Emeline Baume, faisant référence à la constitution de EELV en 2010 et aux bons succès électoraux. Elle-même avait obtenu un bon score (8,83 %) dans la 2ème circonscription derrière Pierre-Alain Muet et Emmanuel Hamelin. Verdict le 16 décembre prochain à l’occasion d’une réunion des militants écologistes qui dressera le bilan du mandat de ses élus. Il leur faudra déterminer le rapport de force, préciser la dynamique et surtout permettre aux adhérents de se prononcer sur un programme et une liste autonome.

Reste à savoir si les militants seront plus sensibles à une ligne dure face à G. Collomb comme le souhaite Philippe Meirieu ou juste présenter un programme complémentaire aux socialistes comme l'avance Pierre Hémon. Mais pas certain que Gérard Collomb voit d'un très bon œil cette tentative d'émancipation des Verts. Il pourrait être séduit par la tentation de Grenoble. En 2008, Michel Destot avait réussi son pari d'être élu à la mairie de Grenoble sans les Verts.

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