Les millonistes sont de retour

Denis Broliquier se lance à son tour dans la course aux municipales de 2014. Deux semaines après Emmanuel Hamelin qui annonçait, dans Lyon Capitale, sa candidature. Le maire du 2ème met en place son groupe politique. Denis Broliquier sème ainsi encore un peu plus la pagaille au sein du groupe d’opposition où désormais presque tout le monde est candidat.

Ils sont cinq comme les Pink Floyd à leur création et viennent d’annoncer qu’ils reformaient leur groupe. Intrinsèquement moins glamour et très peu rock n’roll, les millonistes sont de retour. Les Potins d’Angèle l’ont révélé ce mercredi matin. Denis Broliquier (maire du 2e), Amaury Nardone, Jean-Jacques David (maire du 6e), François Royer et Nicole Chevassus vont créer dans les prochains jours leur propre groupe politique au sein du conseil municipal. Jusqu’à présent, ils siégeaient au sein du groupe Ensemble pour Lyon chapeauté par Michel Havard. Désormais, ils volent à nouveau de leurs propres ailes dans un groupe originalement baptisé “Lyon divers droite”. Le nom de Millon est encore difficile à porter. “ Nous ne nous estimons pas millonistes. Dans notre groupe, il y a des gens qui ne l’ont pas connu et ne le connaissent pas. Je ne veux pas renier notre passé et nos attaches, je ne vois pas pourquoi on parle encore de millonistes. Nous sommes divers droite”, précise Denis Broliquier.

D’une certaine manière, cette création de groupe officialise les ambitions de Denis Broliquier pour les prochaines élections municipales. Il s’agit du deuxième candidat à se déclarer en deux semaines. Fin mars, dans Lyon Capitale, Emmanuel Hamelin confiait qu’il se lançait dans la course pour 2014. Aujourd’hui, c’est au tour des millonistes de se désolidariser de Michel Havard qui peine décidément à se poser en patron de la droite.

le trio David-Nardone-Broliquier revient aux affaires

Après avoir été l’objet d’une fusion-absorption lors de la campagne des municipales de 2007 où Dominique Perben leur avait fait de la place sur ses listes, le trio David-Nardone-Broliquier revient aux affaires. Ils sont à la tête des deux mairies qui échappent à la majorité de Gérard Collomb et ont pour eux une assise électorale sur laquelle aimerait bien pouvoir compter Havard, Hamelin ou Berra. En dehors de ce fait d’armes, qu’ont-ils de plus à apporter au débat ? Les néo ex-millonistes réfutaient toute appartenance à l’UMP mais donnaient, lors des conseils municipaux, l’illusion d’une solidarité de groupe. Sur certains sujets comme le Grand Stade (ils votent pour au Grand Lyon et s’abstiennent au Conseil municipal pour ne pas briser la ligne d’Ensemble pour Lyon), ils ont des positions actées.

Pour le reste, leurs interventions lors des conseils municipaux ont plutôt trait aux projets qui concernent leurs arrondissements. Ils n’ont jamais vraiment trouvé leurs marques au sein du groupe de droite à dominante UMP. Denis Broliquier se montrant souvent plus à l’aise pour critiquer la méthode Collomb dans sa mairie d’arrondissement qu’en mairie centrale. Idem pour ses positions les plus clivantes par rapport au reste de l’UMP local, il faut se rendre au Sytral pour le voir agressif et dans une opposition ferme. “Nous n’avons pas grand chose à reprocher à Michel Havard. Nous ne partons pas avec de la rancœur et la volonté de nuire. On se sépare juste. Nous avions du mal à avoir de la visibilité dans le groupe Ensemble pour Lyon. Les gens nous prenaient pour des élus UMP alors que nous ne le sommes pas. Nous sommes des hommes et femmes libres. Notre indépendance va nous permettre de retrouver une liberté de parole et d’être identifiés politiquement. Nous sommes attachés à notre indépendance. Quand nous prenons une position, nous ne nous demandons pas à ce que va en penser un lobby ou le chef de l’État”, lâche le futur président du groupe Lyon Divers Droite.

Une droite en miettes

Au final, leur émancipation prend plus des allures de constat d’échec pour l’union de la droite lyonnaise que de coup de boost pour l’opposition à Gérard Collomb. La droite à Lyon est désormais mitée. Cinq millonistes d’un côté, Emmanuel Hamelin d’un autre, les Modem “de droite” à quelques encablures et au milieu de tout cela, Michel Havard qui voit son leadership s’effriter de jour en jour. Le tout sous le regard attentif de Nora Berra qui se lance dans le rétropédalage depuis quelques semaines : elle n’est pas candidate. Du moins pas pour le moment. Née sur les bases d’une claque électorale, l’union de la droite n’aura pas tenu plus de deux ans.

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