Christophe Guilloteau
@Tim Douet

Le nouveau Rhône déjà au bord de la faillite

Christophe Guilloteau avait promis durant la campagne de lancer un grand audit sur les finances du département. Élu à la tête du conseil départemental, il a tenu parole. Et l'étude des finances de la collectivité laisse apparaître un trou estimé entre 44 et 56 millions d'euros que la majorité précédente aurait sciemment masqués.

"Le président du nouveau département devra mener un audit financier de A à Z. Et avant de le lire, je lui conseille de couper les pieds de la chaise pour qu’il tombe de moins haut", prévenait Christophe Guilloteau en septembre 2014. Moins d'un an après, il préside le conseil départemental et même averti, il a dû tomber de haut en parcourant l'audit des finances qui lui a été remis en début de semaine. Le conseil départemental, né de la séparation entre le conseil général et la métropole, après six mois d'existence, se retrouve au bord de la faillite. "Nous avons 50 millions d'euros à trouver", résume un élu Les Républicains. Le trou serait dû à une présentation du budget 2015 par la précédente majorité centriste en décalage avec la réalité statistique. "L'audit nous amène un éclairage intéressant sur la situation réelle du nouveau département. Il montre que le budget voté en 2015 n'était pas sincère. Certaines recettes étant surestimées et d'autres, dissimulés", explique Renaud Pfeffer, premier vice-président du département en charge des finances.

Un budget insincère

Ainsi Ernst & Young, le cabinet missionné pour se pencher sur les comptes du département, évoque, dans un rapport que s'est procuré Lyon Capitale, 31,1 millions d'euros de dépenses dissimulées sous le tapis du budget 2015. 25,1 millions d'euros de dépenses de fonctionnement n'ont ainsi pas été intégrés. La majorité centriste, longtemps présidé par Michel Mercier, avait ainsi oublié de comptabiliser 11,6 millions d'euros de masse salariale. Le surcoût des prêts toxiques indexés sur le franc suisse n'avait pas non plus été intégré  : 1,5 million d'euros. 12 millions d'euros de dépenses n'ont pas non plus été budgétés alors qu'elles sont bien réelles. "Sept millions d'euros de dotation au Sytral ont été masqués alors qu'il s'agit d'un contrat de délégation de service public qui court sur plusieurs années", s'étrangle un conseiller départemental Les Républicains. "Christophe Guilloteau avait refusé de voter le budget l'année dernière. Les faits lui donnent raison", souffle-t-on dans le cabinet du président du conseil départemental. "Si le budget avait été sincère, il serait apparu que le département est au bord de la faillite et à quelques mois de la campagne électorale, ils ont préféré mettre la poussière sous le tapis", peste un élu de droite.

"Kristos Guilloteaukis"

Le rapport du cabinet Ernst & Young fait aussi apparaître des "recettes surestimées" pour un montant de 9,4 millions d'euros. À ces oublis s'ajoute aussi la baisse des dotations de l'État pour l'année 2016 qui est déjà connue. Résultat, la nouvelle majorité présidée par Christophe Guilloteau doit trouver 45 à 50 millions d'euros l'an prochain pour éviter la faillite et la prise en main des comptes par le Préfet. "Je l'appelle Kristos Guilloteaukis", s'amuse un élu de la collectivité en référence à la situation financière grecque. Le département qui veut éviter de passer sous tutelle de l'État en cas de faillite va donc lancer une série de coupes budgétaires pour assainir les comptes.

Des coupes budgétaires

"Nous allons lancer un plan de 50 millions d'euros d'économie. Pour résorber le trou, nous devrions augmenter les impôts de 40 %, mais durant la campagne, nous avons pris l'engagement de ne pas augmenter les impôts. Nous le tiendrons", prévient Renaud Pfeffer, vice-président Les Républicains du département. Trouver 50 millions d'euros d'économie en une année sur un budget total d'un peu moins de 600 millions d'euros risque de tourner au casse-tête pour Christophe Guilloteau. Des coupes devraient s'opérer sur la culture, l'agriculture, les transports ou le développement économique. Le conseil départemental envisage aussi de se séparer de biens immobiliers pour renflouer les caisses.

3 commentaires
  1. Collombitude - 10 juillet 2015

    Mais qui a voté, la garantie d'emprunt de 40M€ en faveur de l'OL? le PS évidemment et les copains de Valérie.Guilloteau a voté contre, bravo. Qui participe aux accès du grand stade? Le département. Si le département est en faillite, et que l'OL ne puisse rembourser ses emprunts, alors Aulas attaque le département. quelle rigolade, une collombinade à la Mercier, mais les contribuables paieront, comme d'hab.

  2. grandlyonnaise - 5 août 2015

    VOILA OU NOUS EN SOMMES : suffisamment éloquent pour se passer de commentaires, sauf à lire ceux qui suivent l'article http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/04/31001-20150804ARTFIG00270-regionales-revelations-sur-un-accord-psprg-qui-va-couter-114-millions-d-euros.php

  3. Michele7569 - 10 août 2015

    N'oublions pas la honteuse augmentation de revenus des politiques après que Lyon soit devenu métropole... Et s'il n'y avait que ça ! Avant le stade de Décines aux multiples méfaits, les tours inutiles... et surtout n'oublions pas le dossier : LYON-TURIN... ça fait beaucoup. Et la possibilité que notre maire puisse un jour se retrouver ministre ou autres postes 'honorifiques et lucratifs', sa femme prendrait les rennes comme cela se dit... Qui a dit népotisme ? Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Cependant, nous, lyonnais, sommes chanceux en regard de bien d'autres départements, qui n'ont pas à leur disposition tout ce que nous avons...

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