TER en gare de la Part-Dieu, 2015 © Tim Douet
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La concurrence sauvera-t-elle le train ?

Le Gouvernement passe en force pour réformer la SNCF. L’enjeu n’est pas tant de sauver la compagnie publique que de la préparer à l’arrivée de concurrents à partir de 2020. Le Gouvernement joue sur le levier des dépenses de personnel en supprimant le statut du cheminot. Mais ce n’est qu’un des symptômes d’un mal plus profond.

Autour de la SNCF, un constat unanime se dégage, du Gouvernement aux syndicats en passant par les auditeurs : la compagnie publique souffre d’une organisation défaillante. “La réforme du Gouvernement vise à rendre performante la SNCF. C’est possible puisque aujourd’hui elle est sous-performante”, sourit l’économiste des transports Yves Crozet, qui chiffre à 20 % les économies réalisables en réorganisant cette vieille maison. “Les coûts de structure sont énormes, souligne-t-il. Il y a des sureffectifs dans les bureaux comme sur le terrain. Le modèle d’organisation du personnel est extrêmement lourd…” Celui-ci pénalise aujourd’hui un transport ferroviaire lui-même chahuté par des rails vieillissants que l’État n’a plus les moyens d’entretenir. Patrick Mignola, député Modem de Savoie et ancien vice-président chargé des transports au conseil régional (de 2015 à 2017), aimerait que la question de la dette soit tranchée par le Gouvernement. “C’est une réforme qui va dans le bon sens, admet-il, même si elle ne résout pas tous les problèmes.” Elle positionne la SNCF pour faire face à l’ouverture à la concurrence du TGV en 2020, puis du TER en 2023.

La fin du statut de cheminot

C’est par ce biais que le gouvernement d’Emmanuel Macron tente de moderniser le transport ferroviaire français. Du rapport Spinetta commandé par Édouard Philippe, c’est cette révolution interne à la SNCF qui a été retenue. Et la méthode autoritaire qui a été choisie : la réforme sera adoptée, comme la loi Travail, par ordonnances. Le statut du cheminot, objet – souvent à juste titre – de fantasmes et de railleries, est désormais une espèce en voie de disparition. Ce régime spécial ne sera plus appliqué aux nouveaux entrants dans la maison SNCF. Selon le rapport Spinetta, il coûte chaque année 3,5 milliards d’euros à l’entreprise publique. Laquelle coûte elle-même 14 milliards d’euros aux contribuables français. Ce régime spécial offre l’emploi à vie à ses salariés, un âge de départ à la retraite qui varie selon les postes de 52 à 57 ans, une pension de retraite au mode de calcul avantageux ou encore des billets gratuits pour les personnels et leur famille proche. La grille indemnitaire repose, elle, sur un maquis de primes indigeste. Un tract syndical de Sud Rail les détaille toutes pour aider ses adhérents à faire valoir leurs droits : il s’étale sur dix-huit pages.

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