Grand Stade : Aulas ne veut plus "être otage des politiques"

La semaine du 24 janvier, Jean-Michel Aulas a multiplié les sorties politiquement neutres sur l'OL Land. En quête de l'intérêt général, il ménage désormais une droite locale qu'il avait vivement critiquée. Ce vendredi, il a réuni ces soutiens économiques pour présenter une mouture légèrement différente de son Grand Stade : moins commerciale. Le temps presse pour le patron de l'OL qui espère voir les grues arriver à Décines à la fin de l'année.

"Je voulais remettre l'église au centre du village". C'est sur cette phrase très rugbystique que Jean-Michel Aulas a conclu son exposé au monde économique sur le Grand Stade. Au terme de la semaine qui l'a vu déposer le permis de construire et entamer une mue dans sa communication, le président de l'Olympique Lyonnais avait réuni d'autres entrepreneurs pour leur présenter, ainsi qu'à la presse, une version légèrement retouchée de son projet de Grand Stade. La présentation qu'il fait de son dossier s'attache à être plus compatible avec l'intérêt général tant attendu pour faire avancer le projet. Désormais, il convient de parler de Stade des Lumières.

Jean-Michel Aulas a aussi confirmé que l'OL Land n'existerait pas. Aucune surface commerciale n'est prévue dans la version définitive du projet qui contient presque exclusivement des installations OL. Du business plan initial, il ne reste plus que deux hôtels et un centre de loisirs. Une vision un peu idyllique des choses. En effet, sur les documents présentés, deux terrains appartenant à un entrepreneur jouxte le stade. Ce propriétaire n'a jamais caché sa volonté de construire un supermarché sur cet emplacement. Jean-Michel Aulas a éludé le sujet. Aujourd'hui, ces deux terrains ne sont plus rattachés au projet officiel.

"Tous les problèmes sont résolus"

Le projet présenté par l'OL change finalement plus sur la rhétorique que dans le fonds. En réponse aux arguments des opposants, Jean-Michel Aulas s'est avéré plus péremptoire que pédagogue. Sur les transports : "nous avons démontré que les choix des collectivités publiques permettent de répondre aux objectifs. Tous les problèmes sont résolus", avance-t-il. Sur le financement de son projet, le message se veut aussi optimiste malgré un exercice 2009-2010 nettement négatif. "Les choses avancent normalement", lâche-t-il laconiquement. Pour construire son OL Land, il doit réunir 350 millions d'euros. Sur tous ces points clés pour l'avancement du dossier, Jean-Michel Aulas annonce que "les objections ont été traitées". Les explications seront pour un autre jour. Ou plutôt pour hier tant opposants et partisans donnent l'impression d'avoir déjà grillé toutes leurs cartouches sur ce sujet lancé en 2006.

Vendredi, à la CCI, Jean-Michel Aulas jouait de toute façon sur du velours. Les invités étaient tous des soutiens triés sur le volet et dans le monde économique. Les applaudissements ont fusé à chaque film en images de synthèse diffusé à l'assemblée. À la tribune, les grands patrons lyonnais ont défilé pour saluer la volonté d'entreprendre du patron de l'OL avec une rhétorique qui par moments flirtait avec l'éloge funèbre. Le message du jour était limpide : le monde économique est derrière l'OL.

Politiquement neutre

Alors le grand changement entraperçu depuis le début de la semaine réside dans le positionnement politique de Jean-Michel Aulas. "Il faut sortir de la politique-politicienne. Certains se sont affrontés sur notre dos", confiera-t-il au sortir de la conférence de presse. Devant l'assemblée d'entrepreneurs, il avait déjà utilisé le même argumentaire : "je ne veux pas être otage de positions politiques". Après des sorties virulentes à l'encontre de certains élus UMP défavorables à son projet, il s'astreint désormais à un devoir de neutralité. Il l'accompagne d'un credo : l'intérêt général. Depuis quelques semaines, il s'agit du nerf de la guerre d'un projet que l'OL s'impatiente de voir aboutir. Jean-Michel Aulas a beau dire que ce décret officiel ne sera qu'un accélérateur et que s'il n'était jamais promulgué l'OL Land y survivrait, son discours trahi une certaine forme d'inquiétude.

300 membres en une semaine pour le comité de soutien

En engageant avec lui le monde économique lyonnais dans le projet ainsi qu'un comité de soutien de 300 personnalités, il accroît la pression sur les pouvoirs publics qui détermineront l'avenir de son projet. Le temps joue en sa défaveur. Le 27 mai, la France annoncera les villes retenus pour accueillir l'Euro. L'organisation de cet événement est un accélérateur de l'OL Land. Pour figurer dans la liste des villes hôtes, le Grand Stade de Décines devra présenter des garanties de faisabilité qui font encore défaut.

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