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Comment le Vieux-Lyon a échappé à la destruction il y a 60 ans

À l’occasion des 80 ans de La Renaissance du Vieux-Lyon, retour sur l’histoire d’une association qui a changé le visage de l’un des plus vastes quartiers Renaissance d’Europe.

Il faut se replonger dans le Lyon d’après-guerre pour comprendre. Une ville meurtrie par les bombardements alliés et par la destruction de la quasi-totalité des ponts sur ses deux cours d’eau par l’envahisseur. Dans ce contexte, un projet inquiète une poignée d’habitants : celui d’une transformation radicale d’un vieux quartier, certes paupérisé depuis deux siècles, mais dont les décideurs de l’époque semblent prêts à rayer les vestiges prestigieux d’un trait de plume.

Le 16 octobre 1946, des humanistes, "au sens du mot que celui-ci pouvait avoir dans l’esprit de leurs illustres prédécesseurs de la Renaissance", réunis autour du professeur de lettres François Pallasse, fondent une association "pour préserver plutôt que détruire". Ce sera "La Renaissance du Vieux-Lyon". Selon son président actuel, Philippe Lamy, 31e du titre, elle ne s’est pas fondée comme une association de protection du patrimoine au sens strict mais comme un comité d’intérêt local, à une époque où la question était surtout de savoir comment vivre dans ce quartier sinistré. L’attachement patrimonial est venu ensuite, un patrimoine urbain, non un monument indissociable de ses habitants. D’où la devise de l’association : "Les hommes passent avant les pierres."

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