Quand le baroque rencontre le beatbox  © Florent de Gaudemar

Musique classique : Ambronay, toujours au top !

Le festival d’Ambronay est de retour avec une 42e édition à la fois exigeante, éclectique et doucement malicieuse.

Ambronay, c’est un peu la pré-rentrée classique pour les Rhônalpins. Alors que les grandes saisons musicales (Auditorium, Opéra…) reprennent progressivement pour trouver un rythme de croisière début octobre, le festival d’Ambronay, lui, s’accorde avec la rentrée des classes et déboule sans atermoiements pour un mois de concerts (entre autres réjouissances) concentrés sur quatre week-ends !


De petit festival de province à sa création, en 1980, Ambronay est devenu une des toutes premières institutions en Europe dans le domaine de la musique baroque


Et voilà que l’abbaye bénédictine, devenue Centre culturel de rencontre, se met à vibrer chaque vendredi, et jusqu’au dimanche, au son d’instruments d’une autre époque et pourtant aujourd’hui familiers des mélomanes.

C’est qu’en quarante ans de festivités, le festival a tellement fait pour populariser des répertoires (baroque, Renaissance, médiéval) autrefois délaissés. De petit festival de province à sa création, en 1980, Ambronay est devenu une des toutes premières institutions en Europe dans le domaine de la musique baroque et des répertoires anciens.

Malgré les contraintes résultant de la situation sanitaire – et les difficultés liées à la circulation des artistes étrangers –, la 42e édition du festival est bien là et avance de sérieux arguments.

L’abbaye bénédictine d’Ambronay © Bertrand Pichène

Ba’rockstars en costards

Comme chaque année, les stars de la musique ancienne sont au rendez-vous ! C’est ainsi que le public pourra retrouver Les Arts Florissants, dirigés par l’excellent Paul Agnew, dans un programme consacré aux plus belles cantates de jeunesse de Jean-Sébastien Bach, notamment la BWV 4 Christ lag in Todesbanden ou le fabuleux Actus Tragicus (BWV 106) et son instrumentation originale mêlant violes de gambe et flûtes à bec.

L’Arpeggiata de Christina Pluhar sera également de la partie avec un florilège d’airs d’opéra en compagnie du contre-ténor Valer Sabadus.

Le chef Stephan MacLeod proposera quant à lui un savoureux menu composé de trois Stabat Mater (Pergolèse, Pärt et Palestrina) en compagnie de l’ensemble Gli Angeli Genève, du Quatuor Terpsycordes et d’un plateau de solistes de premier choix (Ana Quintans, Aleksandra Lewandowska, Carlos Mena…).

On retrouve également Geoffroy Jourdain – parrain cette année du projet européen de soutien aux jeunes ensembles de musique ancienne, Eeemerging+ – à la tête de son ensemble Les Cris de Paris dans un programme Monteverdi de haut vol, sans oublier le chef maison du festival, Leonardo García Alarcón, et sa Cappella Mediterranea, qui nous fera découvrir l’un des plus illustres (et pourtant relativement méconnu) compositeur de la Renaissance flamande, Jacques Arcadelt.


Le festival entérine son penchant pour les expériences crossover mêlant le baroque et d’autres genres musicaux parfois très éloignés


Place aux jeunes !

S’inscrivant dans le “développement durable” du répertoire baroque, le festival d’Ambronay a toujours encouragé la jeune génération d’interprètes.

Nulle surprise donc de retrouver cette année encore l’avalanche de jeunes ensembles, émergents ou confirmés, à laquelle le festival nous a habitués : Le Consort (emmené par le claveciniste Justin Taylor), Les Ombres de Sylvain Sartre, l’ensemble Masques dirigé par Olivier Fortin, le Canticum Novum d’Emmanuel Bardon, Le Banquet Céleste, Faenza et la sublime mezzo Lucile Richardot, I Gemelli, l’ensemble Clematis… Sans oublier les sept ensembles lauréats du programme Eeemerging+ qui illumineront un dernier week-end kaléidoscopique.

Pas de chapiteau en extérieur cette année – dédié aux musiques d’inspiration “world” – mais le festival entérine son penchant pour les expériences crossover mêlant le baroque et d’autres genres musicaux parfois très éloignés.

Le 2e week-end du festival sera ainsi émaillé d’une Nuit Baroque Hip-Hop au Pôle en Scènes de Bron et de deux spectacles audacieux concoctés par le Concert de l’Hostel Dieu : Fugacités #1 et #2 ou la rencontre des musiciens de Franck-Emmanuel Comte avec, respectivement, la danse hip-hop (chorégraphie de Mourad Merzouki) et le beatbox (boîte à rythme humaine) de Tiko.

Jazz et baroque avec le duo Violaine Cochard / Édouard Ferlet, les “tubes” du baroque revisités par la compagnie Rassegna et les scratches de platine de la DJ L.Atipik, ou les rapprochements osés (Vivaldi et AC/DC, Coldplay et Bach) du duo Project BaRock : le festival d’Ambronay enfonce le clou “crossover” avec humour et décontraction ! Sans pour autant sacrifier les exigences artistiques d’un rendez-vous de tout premier ordre.


42e festival d’Ambronay – Du 10 septembre au 3 octobre – Divers lieux – www.ambronay.org


 

 

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