Molière et ses masques © Michel Poussier

Molière masqué et démasqué aux Célestins

Le premier spectacle de la rentrée théâtrale aux Célestins sera consacré à la vie et l’œuvre de LA référence incontournable du théâtre comique français, Jean-Baptiste Poquelin dit Molière.

Ce n’est pas forcément l’élément le plus connu de la vie de Molière mais il est attesté qu’il séjourna à Lyon durant plusieurs années.

Selon l’historien Georges Forestier, Lyon est même la ville de province où il a le plus résidé entre 1646 et 1658. Ce fut un point de chute quand il ne sillonnait pas les provinces françaises à la recherche d’un protecteur, de lieux où jouer et de publics à conquérir.

Et si l’on associe souvent Molière à Paris, où il connut la gloire auprès de Louis XIV, les années de province n’en furent pas moins déterminantes dans sa formation.

D’ailleurs, c’est à Lyon que Molière créa sa première pièce en cinq actes : L’Étourdi ou les Contretemps, probablement en 1655. La comédie aurait été représentée pour la première fois rue du Bœuf, dans l’actuel hôtel de la Tour Rose. Une étape importante : jusqu’alors les comédiens de province proposaient des pièces déjà connues ou de courtes farces destinées à compléter les représentations. Avec L’Étourdi, le génie de Molière s’affirme, il ose écrire une grande comédie en cinq actes pour sa troupe.


“Biographie-farce”

Autant d’éléments biographiques que l’on retrouvera sans doute dans le spectacle de Simon Falguières (metteur en scène établi, avec sa compagnie Le K, dans un moulin de Normandie), Molière et ses masques.

Le pari de cette pièce musicale – allégrement tenu si l’on en croit la critique enthousiaste – est en effet de parcourir la vie du dramaturge en 1 heure et 20 minutes, tout en faisant résonner quelques répliques célèbres de ses œuvres comiques. Il s’agit d’un biopic théâtral, ou plutôt d’une “biographie-farce”, pour reprendre les mots de Fabienne Pascaud (critique dramatique de Télérama).

Suivant un rythme effréné, trois actrices et trois acteurs incarnent une multitude de rôles. Il y a bien sûr Poquelin (joué par une jeune femme, Anne Duverneuil) – que l’on suit de sa naissance en 1622 à sa mort en 1673 – mais aussi Madeleine Béjart, les marquis, les faux dévots et des figures historiques comme Richelieu et Louis XIV, qui l’accueillit à sa cour et le censura ensuite, ou artistiques comme Lully ou Corneille…

Le souffle de Molière est aussi présent dans la forme légère que prend cette création, conçue pour être jouée en plein air, avec masque (ou cagoule de catch !) et façon commedia dell’arte, sur des tréteaux éclairés par des guirlandes de fête foraine. Raison pour laquelle la pièce sera présentée (si la météo le permet) non pas sur le plateau des Célestins mais sur la place des Célestins, située juste devant le théâtre.

Molière et ses masques –Du 18 au 20 septembre, place des Célestins (Lyon 2e)
https://www.theatredescelestins.com/

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut