Jean-Pierre Luminet : "Vive la liberté qui dynamite les codes de la pensée correcte"

Du 7 au 16 mars, la poésie envahit la ville avec le Printemps des poètes. Autour de rencontres, lectures, performances, les nombreux poètes et artistes invités débattront de la question "d’infinis paysages". À cette occasion, Lyon Capitale poursuit sa plongée dans le monde de la poésie avec le poète et astrophysicien Jean-Pierre Luminet (retrouvez aussi l’interview du poète Salah Stétié, parrain de cette édition lyonnaise).

Lyon Capitale : Comment la thématique "d’infinis paysages" résonne-t-elle par rapport à vos écrits ?

Jean-Pierre Luminet : En tant qu’astrophysicien et poète, j’ai évidemment un rapport particulier aux « infinis paysages » du cosmos. J’ai beaucoup écrit, tant dans mes essais de culture scientifique (De l’infini, Les trous noirs, L’univers chiffonné, Le destin de l’univers, etc) que dans mes recueils poétiques (Noir Soleil, Itinéraire céleste, De Natura, etc.) sur le thème du rapport à l’infini, ou du moins à la vastitude. Je précise que le mot infini est souvent édulcoré, particulièrement en poésie ; il n’y a pas d’infinis paysages terrestres, de même qu’il n’y a pas une infinité d’étoiles dans le ciel, mais seulement un très grand nombre, qui dépasse l’esprit humain peu habitué aux perspectives cosmiques.

LC : Quelle place occupe d’après vous la poésie dans la société d’aujourd’hui ?

JPL : Contrairement à une opinion répandue, je pense qu’il y a une constance de la présence et de l’importance de la poésie dans la société (tout simplement parce que c’est une nécessité profonde de l’être humain), ce sont les supports de diffusion qui changent. Aujourd’hui la poésie est extraordinairement présente sur internet et dans les blogs, par exemple.

LC : Quel est votre rapport au monde en tant que poète ?

JPL : Détaché

LC : L’absence d’un grand courant esthétique clairement identifiable dans l’art poétique aujourd’hui vous semble-t-elle à l’origine d’un manque de visibilité des poètes auprès du grand public ?

JPL : Heureusement qu’il n’y a pas de grand courant esthétique actuellement identifiable, car un courant esthétique peut rapidement se transformer en diktat, comme on l’a connu à certaines périodes. Vive la liberté (internet, et la multiplication des "petits" éditeurs en sont le signe) qui dynamite les codes de la pensée "correcte".

LC : Pour des lecteurs qui ne connaîtraient pas votre œuvre, quel(s) ouvrage(s) leur conseilleriez-vous pour découvrir votre univers ?

Itinéraire céleste (Cherche midi, 2004) pour la poésie. Le destin de l’univers (Fayard 2006) pour les paysages cosmiques. L’univers chiffonné (Folio 2005) pour les paysages de la pensée.

LC : Quelles œuvres poétiques vous ont influencé ou vous ont accompagné dans votre vie ?

JPL : Baudelaire/Rimbaud bien sûr, mais aussi Lucrèce, Dante, Khayyam, Whitman, Char.

Rencontre avec Jean-Pierre Luminet, "Au bord de l’univers, infinis paysages", café astro-poétique au CCO (Villeurbanne), le mercredi 9 mars à 19h.

Et retrouvez tout le programme de l'édition 2011 du Printemps des poètes à Lyon : http://espacepandora.free.fr/Manifestations/printemps_des_poetes.html

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