Maïté Merlin

Festival de chanson française : Chants de mars, un retour à ne pas manquer

Après trois ans sans vrais concerts – ceux avec de vraies gens – Les Chants de Mars annoncent leur retour pour ce mois-ci avec une profusion, dix jours durant, de concerts et de pépites en version francophone. Chantez maintenant !

Et voilà Les Chants de Mars de retour. Après une édition annulée en 2020 et la suivante en ligne et en effectif réduit, le festival défricheur de la chanson française et plus si affinités revient à une édition en chair et en notes et à une programmation digne des jours heureux (quand bien même ils ne seraient pas encore complètement de retour) qui fera toujours autant la part belle aux jeunes talents et aux artistes féminines.

Où l’on retrouvera par exemple dès le début des festivités le plus que prometteur Fils Cara, jeune Stéphanois qui propose un live de grunge solaire aux textes ciselés (le 16 mars en ouverture à la salle Léo-Ferré, précédé de Lucile en boucle). Il fut l’une des révélations de la catastrophe industrielle télévisée “The Artist”, tentative de Nagui de concurrencer l’ogre “The Voice”, qui, si elle n’a pas eu le loisir de rencontrer un public, a tout de même réussi à mettre en avant quelques talents singuliers. Comme par exemple Gabriel Joseph qui en fut le finaliste et une vraie sensation avec son titre Étoile fuyante et son timbre impressionnant tutoyant les auteurs – en apéro-concert au Jack-Jack le 17 mars.

Le même jour, on retrouvera à A Thou Bout d’hant un habitué des lieux avec le duo familial Léonid. Le 18 mars, c’est le prodige Malik Djoudi qui, lui aussi, dépoussière la chanson mais en mode pop-synthétique – ce qui lui a déjà valu des comparaisons avec Étienne Daho – et surtout sensible, avec en ouverture Rosemarie, à la salle Molière.

À ceux qui disent qu’il y a trop peu de femmes dans le rap, on répondra que c’est vrai mais que c’est en train de changer, et on répondra surtout avec Olympe qui se pose comme une petite sœur des gars Orelsan et Vald, grands attrapeurs de l’air du temps.

Elle sera à la salle des Rancy pour une soirée précieuse puisqu’elle s’ouvrira avec l’excellente créature pop KCIDY qui, depuis son dernier disque Les Gens heureux, s’est mise au français avec bonheur.


24 artistes relèvent le défi de composer une chanson en 24 heures et de la restituer lors d’un concert


Darons de la Garonne et stars locales

Après la traditionnelle pause du dimanche et lundi – on ne chante pas ces jours-là –, ça réattaque avec Les 24h du mot à la MJC Montchat où, comme le veut la tradition, 24 artistes relèvent le défi de composer une chanson en 24 heures et de la restituer lors d’un concert. Un concept que l’on doit à la créativité sans bornes des deux directeurs d’A Thou Bout d’Chant.

Le jeudi 24 mars, sous les noms de Mouss et Hakim, ce sont deux vedettes qui se produisent au CCO en la personne des frères Amokrane, échappés de Zebda, qui viennent ici présenter avec Darons de la Garonne leur dernier disque, des morceaux sur des textes inédits de – tenez-vous bien – Claude Nougaro.

Un plateau complété par le très doué Cyrious, sans doute ce qui se fait de mieux en rap du côté de Lyon. Le lendemain est encore plus riche avec d’une part le concert de Maïté Merlin à la salle Paul-Garcin et surtout un plateau triple artiste chanson mettant en scène Ours – héritier de la lignée Souchon qu’on ne présente plus –, la toujours très poétique Buridane et le folk-rock habité d’Émilie Marsh.

Rebelote pour la soirée finale du 26 mars avec des classiques de la maison Chants de Mars et de son réseau, à savoir Sarah Mikovski, une star locale, et les assez inénarrables isérois de MPL, aka Ma Pauvre Lucette, et leur drôle de mélange carburant à la chanson pop et rap sur des rythmiques si ce n’est à se damner du moins à se danser – au menu les morceaux de leur (troisième) album à venir.

Et en tête d’affiche, l’inclassable Yseult dont les happenings scéniques et clipesques font en général grand bruit. Pour accueillir tout ce beau monde, et clore le festival en grande pompe, il faudra bien un Transbordeur.

À cela, il convient néanmoins d’ajouter un copieux programme de rencontres et ateliers avec le public, de concerts pour les petits, une exposition photo de Fabrice Buffart sur les précédentes éditions du festival, un thé dansant, un concert de chorales et des événements professionnels. Et tout ça, en vrai !


Les Chants de Mars Du 16 au 26 mars


 

 

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