Biennale : un hip-hop qui a du style !

Programmé pour la première fois à Lyon, Mickaël Le Mer confirme avec Na Grani, un talent déjà pressenti, porté par une écriture chorégraphique pleine de finesse. A découvrir absolument !

Composée de 10 danseurs français et russes, de hip-hop et contemporains dont 3 filles, la dernière pièce de ce jeune chorégraphe est faite de voyages et de passages réalisés entre ces deux terres. Mickaël Le Mer joue de ses souvenirs, de sensations et de rencontres. L’univers scénographique cherche la froideur d’une Russie à l’orée de ses villes industrielles, alors que la lumière du jour se transforme en un gris lumineux. Cette froideur installée est amplifiée par une musique électrique, jusqu’à ce que les corps fondus dans la nuit deviennent ombres. Derrière les danseurs, des blocs constituent un décor vivant et mouvant, blocs de glaces, d’immeubles, faits de grilles métallisées et dont le chorégraphe se sert pour libérer la danse. Et la danse est subtile, d’une grande délicatesse, qui pose un hip-hop léger, aérien, intégrant parfaitement le contemporain avec des moments de symbiose telle que les corps ne font plus la différence.

Le ton de la pièce n’est pas complaisant et le hip-hop, même dans ses figures connues, ne va jamais dans la démonstration. Mickaël Le Mer a travaillé son écriture et ça se voit. Car l’œil est souvent attisé par des occupations ou des changements d’espace insolites, des déplacements de groupe d’où surgissent des contrepoints en solo ou duos savamment recherchés, d’ingénieuses transformations de mouvements, de subtiles interactions de corps qui, du fond jusqu’au devant de la scène, relancent au bon moment le rythme de la chorégraphie. Le chorégraphe excelle dans la maîtrise du groupe quand il est en son entier sur le plateau mais aussi quand il utilise les blocs comme des lieux de danse, de circulation et d’obstacles à franchir. Cette pièce, outre sa qualité d’écriture, respire le respect de l’autre, de la place de chaque interprète au service d’un collectif soucieux de nous étonner et de nous émouvoir. Chapeau !

Na Grani de Michaël Le Mer, jusqu’au 29 Septembre, au Théâtre de la Croix Rousse, puis à l’Espace Albert Camus de Bron. www.biennaledeladanse.com

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