Une nounou meurtrière jugée à Lyon

Le procès d'une nounou meurtrière s'ouvre aujourd'hui aux Assises du Rhône. En janvier 2008, cette assistante maternelle de 39 ans, agréée par le conseil général du Rhône, mettait fin aux pleurs d'un bébé dont elle avait la garde en le projetant au sol, le nouveau né décédait cinq jours plus tard. Le procès va durer jusqu'à mercredi.

Tout commence quand la nounou, agréée par le Conseil général du Rhône, appelle la Protection maternelle et infantile (PMI), en disant ne plus pouvoir supporter les cris de bébé, en mars 2006. Dès lors, elle est suivie par une psychologue de la PMI qui remarque chez elle un comportement parfois rigide face aux enfants et des difficultés à se remettre en cause. Près d'un an plus tard, en janvier 2007, des parents dont elle garde l'enfant se plaignent d'avoir récupéré leur bambin avec des hématomes au visage - accusation face à laquelle elle ne défendra pas, ne donnant aucune explication. Ces mêmes parents signalent aussi qu'elle donne des fessées aux enfants et qu'elle les met "au coin".

Un mois plus tard, fin février 2007, le retrait de son agrément est évoqué à la PMI, elle l'évite de justesse. Ce retrait ne sera pas rediscuté et pour cause, la psychologue de la PMI a remarqué une évolution positive dans le comportement de l'assistante maternelle. Moins d'un an plus tard, le 7 janvier 2008, une nouvelle maman dépose son fils, Yannis, chez la nounou pour la première fois. Celui-ci mourra, quelques semaines plus tard, le 23 janvier, après avoir été hospitalisé à l'hôpital Edouard Herriot durant 5 jours.

L'enquête menée par la Sûreté départementale du Rhône aboutit au placement en garde à vue de la nounou qui avoue avoir violenté l'enfant. Et reconstitue le fil des événements. Douze jours après avoir pris en charge le nouveau né de trois mois, l'assistante maternelle - en proie à un épuisement professionnel, d'après l'expertise psychologique - tente vainement de calmer ses pleurs. N'y arrivant pas, elle sort de la chambre, s'allonge avec un casque anti-bruit qu'elle aurait acheté pour couvrir les pleurs du bébé. Mais celui-ci ne se calmant toujours pas, la nounou - très énervée -, retourne dans la chambre, lui hurle de se taire et, comme il n'obéit pas, elle tire sur la couverture de l'enfant ce qui a pour effet de le faire violemment basculer du coté droit. Puis elle le lance sur la table à langer et le jette ensuite à terre. Sa tête heurte alors l'angle de l'armoire.

L'assistante se rend compte que l'état de Yannis est grave, mais ne prévient pourtant ni le SAMU, ni la mère de l'enfant. Par contre, elle prend soin, avant de rendre l'enfant à celle-ci quelques heures plus tard, de dissimuler sous la capuche du manteau de Yannis, les traces des violences dont il a été victime.
Cinq jours plus tard, l'autopsie de Yannis confirme la mort due aux violentes chutes et secousses qu'il a subies ce jour-là chez sa nourrisse. D'après le compagnon actuel de cette dernière, au moment des faits, elle était “irritable“ et “souffrait de troubles du sommeil depuis qu'elle avait été agressée par son voisin“. Même si le compagnon en question savait qu'elle avait du mal à supporter les cris d'enfants, il soutient qu'elle n'était pas une personne violente, tout comme ses proches et anciens collègues qui font ressortir de bons éléments chez elle. Une expertise psychiatrique a mis en évidence le fait qu'elle n'a aucune pathologie de type psychotique, mais observe une froideur et une rigidité dans la pensée et ajoute qu'au moment des faits - qu'elle a reconnu - son discernement n'était absolument pas altéré par le moindre trouble psychique.

Incarcérée depuis le 23 janvier 2008, l'ancienne nounou risque maintenant jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle. Elle est jugée aux Assises de Lyon jusqu'à mercredi.

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