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Tristan Paret

Un tram-train sans contrôleurs

Dès septembre prochain, plus aucun contrôleur ne sera présent dans le futur tram-train de l'Ouest lyonnais, a annoncé la direction générale de la SNCF. Une initiative qui inquiète syndicats et associations d'usagers.

Il n'est pas encore en circulation mais suscite déjà la polémique. Le tram-train de l'Ouest lyonnais, qui devrait entrer en service en septembre, n'aura pas de contrôleur à son bord. Les syndicats ont appris le 24 mai quel le seul agent à bord sera le conducteur. Pour la SNCF, il ne s'agit pas de supprimer des postes mais de mettre des contrôleurs volants sur ces lignes.

Un tram-train nommé insécurité

Pour Pascal Delaitre, directeur adjoint TER Rhône-Alpes, ce tram-train s'apparente plus au fonctionnement d'un tramway. “Il n'y a pas de contrôleurs en permanence dans les lignes de tramway à Lyon, pourquoi en avoir dans le tram-train ?“ Pourtant, selon Stéphane Boulade, représentant régional Sud-Rail, “il circule sur des lignes ferroviaires, avec des voies de signalisation identiques à celles des trains“. Selon lui, l'absence des contrôleurs favorisera les problèmes de sécurité. “La suppression des contrôleurs dans les RER en Ile de France a conduit à de multiples agressions, détérioration du matériel." Pour Pascal Delaitre, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, le tram-tain sera équipé de caméras et “la région Rhône-Alpes n'est pas la région Ile-de-France“.

Le syndicat Sud-Rail s'inquiète également de la formation des conducteurs de ce tram-train, qui "sera de 67 jours alors qu'il faut un an pour apprendre un conduire un TER“. Le tram-train, dont le coût s'élève à près de 300 millions d'euros, desservira les communes de Brignais, Tassin, l'Arbresle, Dardilly, Lozanne et Sain-Bel depuis la gare Saint-Paul.

Un à deux TER par jour concernés

Et après le tram-train sans contrôleurs, certains TER de Rhône-Alpes pourraient également rouler avec uniquement un conducteur à leur bord. "Un à deux TER par jour seraient concernés par cette mesure en Rhône-Alpes, même si ce n'est pas notre objectif", explique Pascal Delaitre, directeur adjoint TER Rhône-Alpes. "On le fera exceptionnellement quand un contrôleur est dans un train en retard ou lors d'autres aléas." Comprenez lors de grève des contrôleurs.

Du côté des syndicats, on dénonce "une dégradation générale des conditions de transport". Stéphane Boulade, pense que “cette mesure fait passer les chiffres avant la sécurité et le service public." Et le syndicaliste donne pour exemple l'Alsace où, en 2009, "les contrôleurs ont été supprimés sur une ligne et où des agressions et incivilités se sont immédiatement produites".

Un appel lancé à la région

Les syndicats affirment ne pas avoir été consultés et demandent sous trois jours ouvrables une concertation immédiate avec la direction de la SNCF. En 2009-2010 la question de la suppression des contrôleurs dans certains TER avait déjà été évoquée. Une pétition avait alors été signée par plus de 10 000 usagers "soutenus par Jean-Jack Queyranne". Jean-Claude Delarue, président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports, se demande pourquoi aujourd'hui il n'aurait pas le soutien de l'élu. Il demande aux politiques de "bloquer le plan de la SNCF". Contactée, la Région ne souhaite actuellement pas se prononcer sur le sujet.

"Nous sommes ouverts au dialogue", promet tout de même le directeur adjoint TER Rhône-Alpes. Vendredi 10 juin, syndicats et associations distribueront des tracts informatifs à la gare St-Paul.

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