La statue du sergent Blandan, place Sathonay @RB

"Un point de suture" : À Lyon 1er, une plaque de contextualisation dévoilée sur la statue Blandan

Dans le premier arrondissement de Lyon, la maire Yasmine Bouagga a dévoilé une plaque de contextualisation sur la statue du sergent Blandan, place Sathonay. "Un point de suture", justifie l'élue.

C'est sur un ton solennel que la maire du 1er arrondissement Yasmine Bouagga a dévoilé la plaque de contextualisation apposée sur la statue du sergent Blandan, située place Sathonay. L'édile justifie cette démarche pour "laisser une trace du passé colonial et célébrer les bienfaits de la décolonisation." Pour rappel, le sergent Blandan, né à Lyon, a participé à la conquête coloniale de l'Algérie, et est décédé sur place en 1842, après une embuscade tendue par les Algériens. Cette plaque raconte l'histoire de la guerre coloniale, et évoque, "la population civile, victimes de massacres, déplacements forcés, destructions de villages et de cultures".

Cette dernière vise également à interroger sur la construction de cette statue décidée sur souscription publique "dans un contexte de valorisation par l'armée et les autorités politiques de la mission civilisatrice". Avec cette plaque, la maire d'arrondissement ne souhaite pas "faire table rase du passé mais détourner une œuvre de propagande pour en faire un vecteur de contextualisation". "Cette plaque ne résout pas tout, mais elle était nécessaire, notre République ne doit plus accepter le racisme et la discrimination. On ne rouvre pas des blessures, on en prend conscience", poursuit-elle.

Soustraire "cette statue belliqueuse de l'espace public"

Cette cérémonie a été également placée sous un signe littéraire. En ouverture, le comédien Mohamed Brikat a récité un passage d'"attaquer la terre et le soleil" de Mathieu Belizi, quand trois élèves du collège de La Tourette ont lu un extrait de "l'art de perdre" d'Alice Zeniter. Des membres du réseau Traces, engagé sur l'histoire, la mémoire et les actualités des migrations de la région se sont exprimés. Ils revendiquent la "nécessité de regarder cette réalité en face, de la juger pour ce qu’elle a été". Ce réseau a prôné trois objectifs : "dénoncer et visibiliser les noms des rues de Lyon en lien avec le passé colonial, travailler de façon citoyenne à une décolonisation de l’imaginaire urbain, et oeuvrer pour contrer les discours politiques qui valorisent la colonisation." A long-terme, le collectif espère voir "la soustraction de cette statue belliqueuse de l'espace public", et souhaite débaptiser la rue Bugeaud, général qui a commandé les forces françaises pendant la conquête coloniale.

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"Rééquilibrer les mémoires"

Présente également, l'adjointe au maire de Lyon aux mémoires et au patrimoine culturel Aline Guitard, a réitéré sa volonté de "rééquilibrer les mémoires dans l’espace public" et voir "plus de femmes dans l’espace public, et Bugeaud en sortir". "Il faut rendre aux Lyonnais un accès au contexte historique", a-t-elle souligné.

Cette plaque se veut comme un "modeste point de suture qui en appellera d'autres" promettent Yasmine Bouagga et Aline Guitard. Pour rappel, cette initiative municipale s'inscrit dans "un travail plus profond sur les mémoires coloniales à Lyon". Depuis 2025, des rencontres publiques, ainsi que des échanges avec des historiens et associations sont organisés concernant des statues ou encore des noms de rue. 

Lire aussi : Bugeaud, Sergent Blandan... La Ville de Lyon en "réflexion" pour débaptiser des rues

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