Après que l’unique offre de reprise de l’entreprise Polytechnyl a été acceptée par le tribunal judiciaire de Lyon ce lundi, seulement 72 salariés sur 550 seront conservés, et uniquement sur le site rhodanien.
"Une étape douloureuse pour le territoire." Lundi, le tribunal judiciaire de Lyon a accepté l’unique offre de reprise de l’entreprise Polytechnyl, filiale française du groupe Domo. Placée en redressement judiciaire depuis janvier, l’entreprise a finalement été rachetée par le fond d’investissement américain Lone Star, qui souhaite converser 72 salariés sur 547, et uniquement sur le site rhodanien situé à Saint-Fons.
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"Aucune mesure d'envergure n'avait été anticipée"
Une "situation critique" que déplore la Métropole de Lyon ce mardi dans un communiqué, qui assure suivre "avec la plus grande attention" la situation des salariés "qui font face à une incertitude majeure." La nouvelle majorité métropolitaine dirigée par Véronique Sarselli (LR, Grand Cœur lyonnais) se montre par ailleurs très critique envers l’ancien exécutif écologiste, estimant "qu'aucune mesure d'envergure n'avait été anticipée pour protéger ce site stratégique avant sa prise de fonction."
Aussi, une fois "ce sentiment d’inertie passé", la Métropole de Lyon s'est "rapprochée des services de l’État, dans l’exercice de ses compétences économiques" et promet "un suivi rigoureux" afin de "coordonner les premières mesures d'accompagnement possibles des salariés dans ce contexte d'urgence, et d’assurer le maintien des activités transverses disponibles sur le site de la Vallée de la chimie", peut-on encore lire.
L’exemple de Polytechnyl "illustre les problématiques réelles de compétitivité auxquelles sont confrontés les sites industriels installés en France", poursuit la collectivité, soulignant dans le même temps que "la déstabilisation de ce pôle stratégique constitue un signal inquiétant pour la souveraineté industrielle." La Métropole de Lyon souhaite enfin "engager un travail de fond" avec les organisations professionnelles, les entreprises et les collectivités territoriales et "renforcer la coordination entre tous les acteurs pour mieux anticiper les mutations industrielles et structurer un accompagnement en amont des procédures judiciaires, afin de ne plus laisser les filières stratégiques sans alternative", conclut-elle.
Une "tragédie sociale" pour le maire de Saint-Fons
Le maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki (La France Insoumise), déplore à l'AFP non seulement une "tragédie sociale" mais s'inquiète aussi d'un "effet domino": l'usine de Polytechnyl sert de chaufferie à ses voisines, toutes autrefois reliées et gérées par une seule entreprise, Rhône-Poulenc. Elle les alimente toujours en vapeur ou en eau chaude, leur permettant ainsi de fonctionner.
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