Andrea Kotarac, candidat RN aux élections régionales © Antoine Merlet
Andrea Kotarac, candidat RN aux élections régionales © Antoine Merlet

Régionales à Lyon : "Les LR sont aux oubliettes, c'est la Ligue 2", la grosse charge de Kotarac (RN) contre Wauquiez et LR

"LR, c'est la Ligue 2". Andrea Kotarac, le candidat RN aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, veut récupérer les électeurs (et les élus) LR. Il tire à boulets rouges sur  Laurent Wauquiez, le président sortant de la région et favori à sa réélection. Et sur le parti LR "un parti aux oubliettes, qui explose".

C'est fort de quelques ralliements d'ex-élus LR dans le département du Rhône - l'ancien maire d'Oingt et vice-président délégué du conseil départemental Antoine Duperray ainsi que de l'ancien 1er adjoint de Denis Broliquier à la mairie de Lyon 2e, Philippe Gibert - qu'Andrea Kotarac, la tête de liste du RN aux régionales (1er tour le 20 juin, 2e tour du 27 juin), a vivement attaqué le parti LR.

Le RN veut récupérer des électeurs et aussi des élus LR. Et il le dit clairement.

"Les LR à Lyon se fracturent. Les craquements sont permanents. On ne sait pas quelle est la colonne vertébrale de ce parti. C'est un parti qui s'allie aux macronistes, on l'a vu à Lyon (aux municipales et métropolitaines). Laurent Wauquiez s'est allié avec le fondateur de la République en Marche, Gérard Collomb, en 2020, il faut s'en rappeler", explique Andrea Kotarac. "C'est un parti qui a le verbe haut contre l'immigration mais qui dans les faits permet d'avoir une réduction de -75 % sur les tickets de TER pour les demandeurs d'asile. Je n'accepte pas le double discours des Républicains. C'est un parti aux abois. C'est un parti qui me fait penser au PS il y a 4-5 ans. Avant de mourrir, le PS se maintenait en vie grâce à son réseau d'élus. Ils avaient tous peur. LR n'a plus de militants. D'autres nous écrivent : "ça suffit les trahisons des LR, on votera pour le RN car votre discours correspond à nos besoins et à nos demandes"", martèle le candidat RN aux régionales.


"Il y a aura d'autres ralliements dans quelques temps qui vont vous étonner"

Michèle Morel, responsable départementale du RN


Le RN, en grandes pompes, se réjouit de ses deux "prises". Deux, ça reste très peu vu le nombre d'élus locaux LR dans la Métropole de Lyon et dans le département du Rhône. "Il n'y a pas que deux personnes dans le Rhône, réplique Michèle Morel, responsable départementale du RN. J'ai des contacts, je ne vous dirais pas le nombre, d'adjoints sur certaines communes qui ont des postes significatifs mais qui veulent terminer leur mandat, partant du principe qu'ils ont été élus avec les voix des Républicains. Ils veulent terminer le mandat mais dès le mandat fini, ils vont nous rallier. Il y aura d'autres ralliements dans quelques temps qui vont vous étonner. On leur ouvre la porte".

Pour l'instant, en tout cas, dans les faits, il n'y a pas vraiment d'hémorragie. Pas de départ en masse. LR a sauvé la très grande majorité de ses fiefs lors des municipales en 2020 dans la Métropole de Lyon et dans le Rhône. Le RN n'a obtenu aucun siège parmi les 150 conseillers métropolitains à la Métropole de Lyon. Aucun élu non plus à Lyon, ni à Villeurbanne. Aux régionales, les enquêtes d'opinion sont très favorables à Laurent Wauquiez. Andrea Kotarac ne semble pas en mesure de contrarier les plans de président sortant. Quel que soit le scénario.


"Les LR sont aux oubliettes, c'est la Ligue 2 aujourd'hui, il va exploser ce parti"

Andrea Kotarac, tête de liste RN aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes


Dans la région, dans les chiffres, LR résiste. "C'est un parti qui explose. Quand vous creusez, certains se protègent, disent qu'il vont voter Wauquiez, mais dans l'isoloir, c'est autre chose, souligne Kotarac. C'est un parti qui fonctionne avec clientélisme. Il y a des panneaux bleus de partout dans la région. Ils communiquent de manière totalement agressive. Je diviserai par trois le budget de la communication de Laurent Wauquiez. J'ai été à Damas. Je peux vous dire qu'il y a plus de panneaux bleus à la gloire de Laurent Wauquiez ici que de portraits à la gloire de Bachar el-Assad à Damas. Ce clientélisme-là, ça sera terminé avec nous. On le voit sur ses listes, il n'a pris que des élus, pour faire croire que ce parti existe, qu'il a une colonne vertébrale. Les LR sont aux oubliettes, c'est la Ligue 2 aujourd'hui (la deuxième division en football, NDLR). Il va exploser ce parti".

Mais alors pourquoi vouloir tant des élus ou (anciens élus) LR en mitraillant ce parti ? "Au niveau des élus, ils ont une expérience que nous pour l'instant, nous n'avons pas. Notre parti se prépare dans les années qui viennent à être capable de gérer toutes les collectivités. Nous l'avons prouvé dans les municipalités, nous savons faire. Il n'y a aucune raison que nous ne sachions pas le faire à l'échelle départementale, régionale ou nationale. Mais pour cela, il faut s'étoffer. Avec des personnes qui ont déjà de la bouteille, de l'expérience. Ils sont les bienvenus pour apporter cette crédibilité qui est absolument incontournable et nécessaire pour notre parti. Ils sont les bienvenus à partir du moment où ils sont en phase avec ce que nous voulons faire. D'où qu'ils viennent. Ce n'est pas derrière qu'il faut regarder mais devant", assure Michèle Morel, la responsable département du RN dans le Rhône.

Le RN tente de piocher à droite. Et à gauche ? Certains ont-ils le même cheminement politique que la tête de liste, Andrea Kotarac, élu avec la France Insoumise aux régionales en 2015 et donc désormais tête de liste du RN ? "A gauche, c'est un peu différent, on reçoit beaucoup de messages de personnes qui sont d'accord mais c'est plutôt des gens qui abandonnent car, de part leur expérience de vie, de part leur formation politique, il y a encore une sorte de psychodogmatisme à être immédiatement après candidat du Rassemblement national", conclut Andrea Kotarac, qui martèle ses trois priorités pour les élections régionales : "la sécurité, la lutte contre l'islamisme et la relocalisation, c'est à dire développer des filières non délocalisables".

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