Prof agressé : "ce collège vaudais, un gros foutoir !"

Mercredi 26 mai, un professeur de physique-chimie du collège Jacques Duclos a été frappé par une de ses élèves. Ce jeudi, les professeurs ont décidé d’exercer leur droit de retrait.

Mercredi 26 mai, une élève de 3e du collège Jacques Duclos à Vaulx-en-Velin a frappé son professeur de physique-chimie d’un coup de poing en plein visage. La veille, celle-ci s’était présentée en classe, sans affaire et avait « mal parlé à son professeur » selon des témoignages d’enseignants. Celui-ci l’a donc exclue et a prévenu l’élève et l’administration qu’il ne l’accepterait plus en cours tant qu’elle ne se serait pas excusée.

Le lendemain, la jeune fille se présente toutefois en classe. Le professeur la fait aussitôt accompagner en permanence par une de ses camarades. Quelques minutes plus tard, la jeune fille se représente à la porte de la salle. Elle est reconduite par le professeur. L’élève s’énerve et donne un coup de poing à l’enseignant, le touchant à la lèvre supérieure et au nez. L’homme décide de continuer son cours, en dépit des conseils de son administration.

Pas un problème de personnel

Le professeur s’est vu prescrire 7 jours d’arrêt de travail. Ce jeudi, il s’est rendu au commissariat pour porter plainte contre l’élève. Il n’exclut pas non plus de poursuivre l’administration qui n’aurait pas mis en œuvre les moyens pour éviter ce genre d’acte. « Ce n’est pas un souci de personnel. C’est un problème de compétences ». Nora Ibbari, professeur d’histoire géographie depuis neuf ans, ne tarde pas à pointer les dysfonctionnements dans l’établissement. « C’est un gros foutoir », selon elle. « Nous sommes suffisamment nombreux. Mais l’encadrement laisse à désirer. Il faut que la conseillère d’éducation soit épaulée. Elle n’y arrive pas », précise t-elle. Elle évoque des incidents qui émaillent le quotidien depuis déjà deux ans. Des insultes, de l’insolence au quotidien. L’établissement fait partie des sept dans le Rhône classés « ambition réussite ».

« On savait que cela arriverait »

Ce matin, les enseignants ont décidé d’exercer leur droit de retrait. Pas de cours donc pour l’ensemble des élèves de l’établissement ce jeudi. « On savait qu’un jour ou l’autre ces actes de violence arriveraient, et nous avions prévenu que ce jour-là, nous nous arrêterions. Nous l’avons fait » affirme Mme Ibbari. Selon elle, l’administration de l’établissement porterait une part de la responsabilité de cette agression : « Ils n’ont pas su sévir. Ils ont été trop réservés pendant un temps ». Les enseignants ont convoqué une assemblée générale et ont réclamé la présence de l’inspectrice d’académie. Mais là où le personnel attendait un signe fort et des mesures face à une dégradation de l’attitude des élèves, qu’ils dénonçaient depuis longtemps, la seule proposition fut la mise en place d’une cellule de crise. Selon Mme Ibbari, son collègue, victime de l’agression, est très choqué. L’élève incriminée est elle suspendue au moins jusqu’au conseil de discipline qui se tiendra le 7 juin. Les enseignants ne savent pas encore s’ils reprendront le travail demain.

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