Ouverture de la chasse en Auvergne-Rhône-Alpes : quels sont les risques ?

La chasse est ouverte depuis ce dimanche 8 septembre dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Avec 131 accidents de chasse recensés lors de la dernière saison, la cohabitation s'annonce difficile entre promeneurs et chasseurs.

La chasse est ouverte depuis ce dimanche 8 septembre au matin dans l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes et sur la moitié sud de la France. Si les chasseurs s'en réjouissent, les promeneurs et randonneurs voient la cohabitation d'un mauvais œil. Non sans raisons.

131 accidents de chasse en 2018-2019 dont 7 morts

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (Oncfs) a recensé 131 accidents de chasse entre le 1er juin 2018 et le 31 mai 2019. "132 victimes ont été identifiées dont 22 personnes non chasseurs, précise le communiqué. Sur les 131 accidents relevés, 7 accidents mortels restent néanmoins à déplorer dont 1 personne « non chasseur »." En cause, le plus souvent, "un manquement aux règles élémentaires de sécurité et en particulier au non-respect de l’angle de sécurité de 30°, à un tir sans identification ou à une mauvaise manipulation de l’arme".

Si ces chiffres sont en baisse constante depuis 1999, il ne faut pas oublier que les chasseurs représentent moins de 2 % de la population française : ils étaient un peu plus d'un million en 2017 d'après la Fédération nationale des chasseurs. En Auvergne-Rhône-Alpes, il y avait 119 000 chasseurs en 2016 d'après une étude réalisée à l’initiative de la Fédération nationale et des Fédérations locales de chasse.

L'évolution du nombre d'accidents de chasse depuis 1999. Graphique de l'Oncfs.

Des risques plus grands en périphérie des villes ?

Les accidents de chasse risqueraient-ils d'être plus nombreux au fil des années ? Face à l'étalement des villes et aux concentrations de plus en plus fortes de grand gibier à leur périphérie, l'Oncfs rappelle l'importance des enjeux de sécurité en milieu péri-urbain. Un jeune chasseur s'est malheureusement déjà illustré avant même l'ouverture de la saison à Saint-Agrève, en Ardèche, en abattant un chiot de deux coups de carabine le 26 août dernier. D'après le Dauphiné Libéré, il aurait expliqué aux gendarmes avoir tué l'animal car celui-ci aboyait trop fort et risquait de faire fuir le gibier.

L'association Rassemblement pour une France sans chasse (RAC) a trouvé une solution plus radicale pour éviter les accidents : l'abolition pure et simple de la chasse. "Une distraction consistant à tuer des animaux est inadmissible !", estime l'association. Celle-ci soutient également la proposition de loi déposée sur le bureau de la présidence de l'Assemblée nationale en novembre 2018 par treize députés, proposant d'interdire la chasse le dimanche, les jours fériés et les vacances scolaires. En Auvergne-Rhône-Alpes, seul le département de l'Isère a restreint la chasse cette saison, l'interdisant tous les vendredis, y compris fériés. Les autres jours et dans les autres départements, les promeneurs devront attendre la fin de la saison le 29 février 2020 au soir pour se balader à nouveau sereinement.

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1 commentaire
  1. Toucantoco - 9 septembre 2019

    La question à se poser également est celle de l'impact environnemental de la chasse. On entend souvent dire que les chasseurs sont les défenseurs de la nature, Laurent Wauquiez, peut être non sans ambition électorale, leur avait d ailleurs augmenté les crédits et confié des missions de formation à la nature auprès des plus jeunes. On entend également souvent que les chasseurs sont là seule solution pour la régulation de la population de sangliers, des animaux provoquant parfois d importants dégâts dans les cultures notamment. Mais en la matière, les chasseurs pourraient être vus comme des pompiers pyromanes. En effet une simple promenade en forêt permet de découvrir nombre d installation pour nourrir les sangliers tout au long de l année leur permettant ainsi de prospérer. Quant au reste du gibier, son origine est discutable puisqu'il pour la plupart il s' agit d animaux nés et élevés en captivité et relâchés en milieu naturel sans pour autant en avoir les codes. Ces introductions représentent en même temps une concurrence alimentaire pour les animaux sauvages et sont également une atteinte à la diversité des espèces locales.

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