François-Xavier Pénicaud, porte-parole (Modem) du groupe Coeur lyonnais au conseil municipal, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Le conseiller municipal Coeur lyonnais François-Xavier Pénicaud se réjouit que Lyon a intégré la carte des sites hôtes des Jeux olympiques d'hiver 2030. "Ce ne sont pas spécifiquement les Jeux olympiques en eux-mêmes, mais les Jeux olympiques comme une opportunité populaire de créer un temps de concorde pour les Lyonnais. Je pense que le maire s'est rendu à cette évidence", pointe-t-il.
L'élu Modem propose aussi que le groupe Coeur lyonnais, présidé par Jean-Michel Aulas, crée des ponts entre Lyon et la Métropole de Lyon : "Il est normal qu'en début de mandat chacun, la présidente de la métropole d'un côté, le maire de Lyon de l'autre, souhaite poser des marqueurs. Nous les appelons vraiment à sortir de ces postures, à prendre le temps du travail. Peut-être que cela prendra un peu plus de temps parce que ce sont des personnalités, des élus et des collectivités qui doivent réinventer un modèle de gouvernance favorisant cette coopération".
La retranscription intégrale de l'entretien avec François-Xavier Pénicaud
onjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, nous sommes avec François-Xavier Pénicaud. Vous êtes l'un des porte-parole du groupe Cœur Lyonnais au conseil municipal de Lyon. Je voulais revenir avec vous sur l'une des annonces importantes qui concerne Lyon. Lyon devrait finalement faire partie de la carte olympique des Jeux olympiques d'hiver 2030 puisque les épreuves de glace vont se dérouler à Lyon et dans la métropole de Lyon. À l'origine, les écologistes étaient contre. C'était la région Auvergne-Rhône-Alpes qui portait la candidature et il n'était pas prévu de positionner des épreuves à Lyon. Est-ce qu'on peut y voir le premier signe d'une forme de concorde lyonnaise entre des collectivités locales qui sont à la manœuvre sur ces Jeux olympiques, mais qui ne sont pas alignées politiquement, et qui arrivent à porter un dossier en commun ? Est-ce qu'il faut avoir un peu d'optimisme pour les six prochaines années quand on voit ce dossier ?
Il faut l'espérer, en tout cas. Ce que je constate, c'est que sans doute le maire de Lyon s'est soumis à une aspiration populaire qui était très forte. On parle souvent des acteurs économiques qui souhaitent que Lyon redevienne attractive et, bien entendu, cette question des Jeux olympiques doit participer à un projet d'attractivité du territoire régional, dans lequel sa capitale avait la possibilité de jouer un rôle, et va pouvoir jouer un rôle, en capitalisant aussi sur cela. Mais il y avait aussi derrière, et c'est cela que j'ai envie de retenir, une aspiration populaire très forte.
Vous sentez dans la ville de Lyon une attente autour des JO 2030 ?
Une attente de pouvoir bénéficier de ces grands temps populaires et de pouvoir vivre des moments de rassemblement, tous ensemble, quelle que soit la couche sociale dont on vient. C'est cela que l'on voit. Ce ne sont pas spécifiquement les Jeux olympiques en eux-mêmes, mais les Jeux olympiques comme une opportunité populaire de créer un temps de concorde pour les Lyonnais. Je pense que le maire s'est rendu à cette évidence. Pour autant, on voit bien la difficulté qu'il a avec des personnes de sa propre équipe qui sont toujours en résistance par rapport à ce projet. Je pense qu'il faudra pouvoir les convaincre, en parler, et faire en sorte que cette petite musique ne devienne pas un élément de crispation qui pourrait gâcher cette fête. En tout cas, nous l'accompagnerons du mieux que nous pouvons et nous soutiendrons le maire dans ce petit revirement, diront certains. Mais il faut le voir positivement et ne pas bouder notre plaisir.
Je soulignais l'importance de ce dossier dans les relations entre les collectivités parce qu'on voit que, sur beaucoup d'autres dossiers, en revanche, c'est très compliqué entre la ville et la métropole, qui n'ont pas la même vision. On voit par exemple que tout ce qui était promu par les écologistes semble être destiné à être en partie détricoté par Véronique Sarselli et la majorité métropolitaine. On peut penser aux Voies lyonnaises, mais aussi à la baignade dans la darse de la Confluence, qui devait avoir lieu à l'été 2027 et qui est remise en question par cette majorité plutôt de droite. Est-ce que vous avez l'impression qu'il ne va finalement rien se passer à Lyon, que les projets de la métropole ne vont pas être retenus par la ville de Lyon, et inversement ?
Ce que je constate, et je pense que tous les observateurs l'ont constaté, c'est que la présidente de la métropole a affiché une volonté d'être dans une démarche de coopération intercommunale au sein de la métropole. Elle n'a jamais exclu la mairie de Lyon de cette enceinte de coopération.
Mais on voit qu'il y a des décisions. Par exemple, sur la rue Grenette, elle souhaite absolument une réouverture alors que Grégory Doucet y est opposé. Sur la darse de la Confluence, le projet a été créé par la ville et la métropole, mais Pierre Oliver dit maintenant qu'il ne faut pas que la métropole le soutienne. C'est pour cela qu'on voit qu'il n'y a pas forcément beaucoup de coopération entre les deux collectivités.
Chacun a reçu un mandat clair. Le mandat général a été de dire : nous voulons, sur cette métropole, ce que certains appelleront une cohabitation, mais nous vous imposons de coopérer pour avancer. Peut-être qu'il y aura effectivement des points de blocage. Il est normal qu'en début de mandat chacun, la présidente de la métropole d'un côté, le maire de Lyon de l'autre, souhaite poser des marqueurs. Nous les appelons vraiment à sortir de ces postures, à prendre le temps du travail. Peut-être que cela prendra un peu plus de temps parce que ce sont des personnalités, des élus et des collectivités qui doivent réinventer un modèle de gouvernance favorisant cette coopération. Aujourd'hui, vous avez raison de le signaler, ce n'est pas encore le cas. Mais beaucoup de choses ne sont pas encore en place. Les commissions de la ville de Lyon, par exemple, ne se sont même pas réunies une seule fois.
Comment, ainsi que le maire de Lyon l'a proposé lorsqu'il a exclu les oppositions des organismes extérieurs, va-t-il proposer un modèle de gouvernance de ces commissions qui permette d'en faire un espace de travail en commun plutôt qu'un espace de rapport de force, un espace de posture ? C'est quelque chose qui se travaille en ce moment.
L'idée que vous défendez au sein du groupe Cœur Lyonnais de Jean-Michel Aulas, auquel vous appartenez, c'est d'être une courroie de transmission entre la majorité Grand Cœur Lyonnais à la métropole et la ville de Lyon. Est-ce que cela peut fonctionner dans ce sens ?
La conception de Jean-Michel Aulas, c'est que, pour les six prochaines années au moins, et très probablement les sept prochaines années, les institutions démocratiques sont ce qu'elles sont. Lyon ne peut pas se permettre d'être dans la paralysie parce que ces institutions ne seraient pas capables d'avancer ensemble. De fait, Véronique Sarselli a donné mandat à Jean-Michel Aulas d'être l'interlocuteur du maire de Lyon pour construire l'action de la métropole et les relations entre la ville et la métropole. Il prendra cela absolument à cœur, dans une optique constructive. Les mains sont tendues ; elles attendent d'être saisies.
Mais est-ce qu'on peut être à la fois le premier opposant et le premier négociateur ? C'est un peu une mission antinomique. Pour être négociateur, il ne faut pas être juge et partie.
Il y a des sensibilités variées au sein de Cœur Lyonnais, avec beaucoup de personnes issues de la société civile. Moi, je représente cette sensibilité démocrate. Nous partageons avec Jean-Michel cette conviction que la posture et le clivage ne doivent pas être une excuse au blocage. Nous ne sommes pas des opposants, nous sommes une minorité. Une minorité très conséquente. Il n'y a jamais eu une minorité aussi nombreuse au conseil municipal de Lyon. Formellement, le maire de Lyon ne dispose que d'une majorité de trois voix. Si vous observez cela, cela doit aussi appeler, depuis la transformation de la loi PLM, à d'autres mécanismes de gouvernance qui s'imposent tant à la majorité qu'aux minorités. Le concevoir ainsi, comme des minorités au sein de cette assemblée, change radicalement la façon dont nous devons travailler. Il existe, y compris au sein de la majorité, une multitude de minorités. Toutes ces minorités, qu'elles soient socialistes, écologistes, insoumises, LR, démocrates, issues de la société civile ou centristes, doivent pouvoir réfléchir à la manière d'additionner leurs sensibilités pour mieux porter la parole des Lyonnais, mieux porter les projets dans leur intérêt, et ne pas en faire des outils de séparation. Aujourd'hui, le message très clair envoyé par les Lyonnais est qu'ils refusent les extrêmes et les populismes. L'ensemble des acteurs républicains, l'ensemble des acteurs du territoire, doivent donc agir avec responsabilité. Nous serons un groupe de responsabilité, et non un groupe de pourrissement.

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