Nathalie Tauziat : "M. de Camaret m'a emmené là où j'ai toujours rêvé"

Ce mardi 19 novembre, s’est ouverte la quatrième journée du procès en assises de l’entraîneur de tennis jugé pour viol sur mineures. A la barre, le témoin "star" du procès : Nathalie Tauziat, ancienne numéro 1 du tennis français, et arme capitale pour la défense.

"J’ai rencontré M. de Camaret en août 1980. Depuis, on ne s’est jamais quittés." L’ancienne numéro un française avait toujours soutenu son entraîneur. Mardi soir, au quatrième jour du procès Camaret à Lyon, Nathalie Tauziat, est restée inflexible, ferme, obstinée.Jusqu’au 23 novembre, l’ancien entraîneur du club réputé des Marres à St-Tropez est jugé à la Cour d’assises du Rhône pour des viols sur deux jeunes joueuses dans les années 1980, Stéphanie Carrouget et Karine Pomares. Depuis quatre jours, une douzaine de jeunes filles ont révélé avoir été violées ou caressées par leur professeur de tennis pour des faits aujourd’hui prescrits. Vendredi 16 novembre, Isabelle Demongeot, l’ex-numéro 2 du tennis français, la première à avoir dénoncé l’entraîneur publiquement, a raconté comment Régis de Camaret a "broyé sa vie". (Voir la vidéo à sa sortie du procès).

"Je n’ai jamais rien entendu, jamais rien vu"

Après une vingtaine de témoignages à charge, Nathalie Tauziat était donc attendue comme le messie dans le camp Camaret. Assurée, elle s’est présentée à la barre à 17h20, puis a déroulé sa carrière. "M. de Camaret a été mon entraîneur de 1981 à 2001. En 1997, j’ai explosé. Je suis rentré dans les 10 meilleures mondiales", raconte la finaliste de Wimbledon. "Je n’ai rien à reprocher à M. de Camaret. Il m’a amené à là où j’ai toujours rêvé d’être", ajoute t-elle. Face à un juge insistant, déroulant les faits, les viols, la nudité, les attouchements sur une vingtaine de filles, elle a répété, maintes fois, l’innocence de son ancien entraîneur : "Je ne comprends pas, j’ai vécu 24 heures sur 24 avec ces filles, mais je n’ai jamais rien entendu, rien vu".

L’ancienne star du tennis français a aujourd’hui 45 ans. Elle est entraîneur de tennis dans les Landes, dans un club qu’elle gère en partenariat avec M. de Camaret, bénévole. Pourtant, par un arrêt du 15 mai 2008, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé l’interdiction d’entraîner pour Régis de Camaret. Prenant la parole, l’avocate de la partie civile, Me Colombani, a alors rebondit : "N’avez-vous pas l’impression, en tant que chef d’entreprise, d’employer M. de Camaret de manière illégale ?" Réponse de Nathalie Tauziat, provocante : "Je n’emploie pas M. de Camaret. Il est bénévole".

"Un second père"

Lentement, la partie civile a tenté d’analyser la relation de l’entraîneur et de sa protégée, "de l’affection ou de l’amour", pour Me Colombani. Un "second père" rétorque Nathalie Tauziat, sur la défensive. "On ne nous a jamais aidés. On n’a jamais eu d’aides de la fédération. On disait que la technique de M. de Camaret était primaire. On disait qu’il était nul". Une relation complexe entre une championne et un entraîneur inspiré, où le tennis a une place omniprésente. Jean-Claude Gudicelli, le second avocat pour la partie civile, tente de déstabiliser le témoin, en mettant de côté la théorie de la jalousie ou d’une vengeance sportive, amenée par Nathalie Tauziat. "Vous avez arrêté votre carrière en 2001. Vous n’êtes pas le centre du monde".

A la fin de l’audience, à 18h20, l’avocate générale lance cette question, dans un silence pesant : "Saviez-vous que M. de Camaret a reconnu avoir caressé Stéphanie Carrouget, et ce jusqu’au pubis ?" Nathalie Tauziat : "Non, vous me l’apprenez". Le juge lance alors, une dernière fois : "Avec cet homme, qui est à vos côtés depuis toujours, ce nouveau fait modifie-t-il le regard que vous portez sur lui ?". Nathalie Tauziat, hésitante quelques secondes, puis éternellement ferme : "Non".

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