Après que la rapporteuse publique a préconisé l’annulation du scrutin de l’élection municipale à Vénissieux, l’ancienne maire communiste Michèle Picard estime que le nouvel édile (LFI) Idir Boumertit "s'inscrit dans l'anticommunisme ambiant."
Si la décision de justice est attendue d’ici deux semaines, elle devrait vraisemblablement suivre la préconisation de la rapporteuse publique d’annuler le scrutin de l’élection municipale à Vénissieux. Pour rappel, le candidat insoumis Idir Boumertit l’avait remportée de seulement 25 voix face à la maire communiste sortante Michèle Picard. Cette dernière avait finalement déposé un recours le 1er avril.
En cause, des déclarations de domiciliation du candidat RN-UDR Quentin Taïeb et certains de ses colistiers, jugées frauduleuses, qui auraient remis en cause la sincérité du scrutin. Des irrégularités signalées depuis décembre 2025, soit trois mois avant le scrutin, et dont Michèle Picard avait connaissance. "En connaissance, pourquoi ne l’a-t-elle pas mis sur la place publique ? A-t-elle sécurisé sa propre élection ou celle de Vénissieux ? Si elle avait été élue maire, est-ce qu’elle aurait fait un recours ? On se pose des questions. Son adjoint au maire n’était pas au courant. En dehors du groupe communiste, aucun autre parti n’était informé de ce risque de manœuvre. L’élection était censée être sous surveillance. Au final, on se rend compte que cette sécurisation ne servait que son élection, puisqu’elle attaque le scrutin sur des signalements qu’elle avait fait à la justice", s’interrogeait Idir Boumertit dans nos colonnes.
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"Monsieur Boumertit s'inscrit dans l'anticommunisme ambiant"
Des accusations niées en bloc par Michèle Picard, qui se félicite par ailleurs de la décision de la rapporteuse publique. "Répétons que la ville sous ma direction a signalé les agissements de monsieur Taïeb dès les premières inscriptions frauduleuses en 2025. Malheureusement, les décisions de justice ne sont arrivées qu'après le dépôt des listes, et leur couverture médiatique s'est faite en pleine campagne, notamment entre les deux tours", s’insurge-t-elle dans un communiqué. L’ancienne édile estime également qu’au lieu de "dénoncer l'extrême-droite qui vient une nouvelle fois empêcher les Vénissians de voter sereinement, monsieur Boumertit s'inscrit dans l'anticommunisme ambiant, dénonçant le "recours communiste" alors que toutes les forces de gauche et citoyennes présentes sur ma liste ont été associés à ce recours."
Concernant la plainte déposée par Idir Boumertit concernant la circulation de documents administratifs, Michèle Picard rappelle que ces pièces sont "légitimes" pour le procès et que c’est bien le tribunal qui les a diffusées à tous les plaignants. Et d’ajouter : "Mais monsieur Boumertit continue à se désintéresser de la droite et de l'extrême-droite à Vénissieux. Sa politique est marquée par son inquiétude devant une nouvelle élection, il dépense, profitant d'une gestion saine, sans dire qui paiera demain."
L'élection de l'insoumis à Vénissieux est donc remise en cause. Mais "ce n'est ni de sa responsabilité, ni de la mienne, mais c'est, comme en 2014 la sincérité du scrutin qui a été altérée par l'extrême-droite", souligne toutefois l'ancienne maire. Une nouvelle élection serait donc "l'opportunité pour Vénissieux de rejeter une bonne fois pour toute l'extrême-droite et si besoin l'union des droites", conclut-elle.
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