© Stéphanie Charles

Masques anti-méthane pour vaches : le directeur de la chambre de l'Agriculture du Rhône sceptique

Des masques anti-méthane pour vache seront bientôt mis sur le marché par le géant Cargill afin de réduire l'impact climatique de l'élevage de ruminants. Qu'en pense le directeur de la Chambre de l'Agriculture du Rhône, Gérard Bazin ? Lyon Capitale l'a contacté.

Le géant américain de l'agro-alimentaire Cargill devrait lancer dès  2022 la commercialisation de masques anti-méthane pour vache auprès des agriculteurs européens. De petits ventilateurs alimentés par des batteries solaires aspireraient ainsi le méthane du rot des vaches qui serait ensuite transformé, à l'aide d'un filtre, en CO2, moins nocif pour le climat. Le dispositif, placé au-dessus du nez de l'animal, permettrait de réduire significativement l'impact climatique de l'élevage de ruminant en diminuant de moitié les rejets de méthane.

Développés par la start-up britannique Zelp, les masques seront commercialisés sous forme d'abonnements à environ 80 dollars par an.

Le directeur de la chambre d'agriculture du Rhône, Bernard Bazin, contacté par Lyon Capitale, est quant à lui peu convaincu par le projet.


"Ce n'est pas du tout d'actualité aujourd'hui"


Il estime que travailler à l'agriculture de demain consiste bien davantage à la mise en place de "pratiques plus globales" sur l'alimentation et le bien-être animal "que d'équiper des vaches". Il s'agit bien davantage de mettre en avant des pratiques différentes sur l'alimentation et le bien-être animal, que de recourir à des choses "extrêmes" relevant de la "science-fiction" et de la "communication".

S'il reconnait qu'il y a des problématiques liées au méthane, selon lui, il ne sert à rien de recourir à des choses "extrêmes" relevant de la "science-fiction". Les agriculteurs tendent aujourd'hui davantage vers un changement des pratiques : un plus grand recours aux produits locaux pour utiliser de moins en moins sur les transports, ou encore une production de plus en plus auto-suffisante. Ils cherchent également à remettre des protéines dans les fourrages dans un but certes climatique, mais aussi de bien-être animal.

Il dénonce aussi la tendance actuelle au rejet des protéines animales : selon lui, la production de protéine animale et végétale est complémentaire, et il faut trouver un équilibre.


"Le végétal a des avantages, mais considérer que la production de protéine animale doive être complètement remise en cause est une erreur fondamentale de l'humanité"


 

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