Sébastien, membre du syndicat des musiciens SNAM - CGT, s’est vu remettre une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS) la veille de la mobilisation du 31 octobre. La mesure lui interdisait notamment de manifester.
Sébastien, saxophoniste, journaliste à Radio Canuts et militant au sein du syndicat des musiciens SNAM - CGT Rhône-Alpes, n’aura pas pu manifester samedi 31 octobre. Selon le SNAM-RA et la CGT Spectacle du Rhône, le militant s’est vu remettre, la veille de la mobilisation, une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS), l’obligeant à pointer dans un commissariat à 15 heures, l’interdisant de sortir de Lyon, de se rendre dans le périmètre d’interdiction de manifestation à Lyon, où il réside, et sur les itinéraires et abords du périmètre des manifestations déclarées, du 31 octobre au 1er novembre. Toujours selon les syndicats, les mesures seraient valables pour les trois prochains mois.
Ces mesures, qui se basent sur la législation antiterroriste inscrite dans le Code de la sécurité intérieure, seraient ici utilisées de manière "totalement abusive", dénoncent les syndicats, qui n’ont pour seul objectif que "d’empêcher" les militants de se mobiliser, déplorent-ils dans un communiqué. Et d’ajouter : "Cette dérive est à la fois honteuse et scandaleuse."
Lire aussi : Manifestation du 31 octobre : 19 000 personnes défilent à Lyon contre la vie chère et le gouvernement
Des arguments "lunaires"
Les arguments et preuves cités pour justifier ces mesures seraient par ailleurs "lunaires", comme des publications sur les réseaux sociaux. "L’attaque raciste de Trappes sert carrément de prétexte à interdire aux militants de gauche de manifester. Les violences des fanatiques néonazis sont également convoquées pour justifier cette mesure liberticides", poursuivent les syndicats. Des allégations "fantaisistes" qui "pourraient être risibles" si "elles ne constituaient pas une atteinte manifeste à plusieurs libertés fondamentales : en premier lieu, le droit de manifester et de se déplacer librement", alertent-ils encore.
Le SNAM-RA et la CGT Spectacle apportent ainsi leur soutien "inconditionnel" au militant, ainsi qu’à "l'ensemble des personnes soumises à une MICAS." "La liberté de manifester ne se négocie pas. La répression ne nous fera pas plier", concluent-ils.
Lire aussi : Lyon : Grégory Doucet saisit la justice après un rassemblement d’ultradroite devant une mairie d'arrondissement

Restaurant du mois : Les Bienheureux, à Lyon