Loïc Terrenes
Loïc Terrenes, conseiller municipal à la Ville de Lyon et fondateur du think thank Confluences

Lyon : avec le think tank Confluences, Loïc Terrenes veut "rassembler différentes expertises"

À Lyon, l’association Confluences se mue en think tank. Fondé par Loïc Terrenes, conseiller municipal d’opposition, le groupe veut rassembler des expertises et alimenter le débat public autour des enjeux territoriaux.

"Nous avons besoin d'un espace pour approfondir les sujets". Le constat est clair pour Loïc Terrenes. Le fondateur et président de l’association citoyenne Confluences a annoncé ce jeudi 3 septembre le changement de statut de cette dernière, qui devient désormais un think tank. L’ambition de ce groupe est de "réunir toutes les Lyonnaises et les Lyonnais désireux de retrouver des débats de fond sur les enjeux territoriaux et d’évaluer les politiques publiques", peut-on lire dans un communiqué. "Lyon a changé, ses habitants aussi. Les dernières élections ont apporté de nouveaux clivages et questionnements, ainsi qu’une nouvelle façon de faire de la politique basée sur le court terme et des décisions parfois non-justifiées", avance encore Loïc Terrenes, contacté par Lyon Capitale. Confluences oeuvre "à rassembler différentes expertises dans un espace indépendant" tant idéologiquement que financièrement. "C’est l’enjeu majeur", confie son président. 

Car la question de l’indépendance de Confluences se pose, étant donné que son fondateur est également conseiller municipal d’opposition à la Ville de Lyon, et ancien candidat aux législatives sous l’étiquette de Renaissance. Une suspicion que Loïc Terrenes écarte. "Le fondement de cette démarche, c’est une charte des valeurs destinée à encadrer nos travaux et à affirmer son attachement à la démocratie locale, au progrès, au pluralisme et au refus des extrêmes. Je vois la politique comme un espace pour créer des liaisons entre les différents parcours".

Pour maintenir ces engagements, Confluences sera placé sous l’autorité d’un "conseil d’orientation apolitique d’une quinzaine de personnes qui seront les gardes-fous de notre travail", explique Loïc Terrenes. "Nous sommes indépendants de tout intérêt particulier", martèle-t-il.

Un premier temps fort organisé cet automne

Concrètement, l’action de Confluences intègrera plusieurs axes. D’une part, les commissions de travail semestrielles qui aboutiront chacune à la rédaction d’un rapport, dont le premier est espéré pour le printemps prochain. De l’autre, les temps forts ouverts au public, "qui auront lieu trois à quatre fois par an", espère Loïc Terrenes. Le premier de ces événements aura lieu dès cet automne, avec pour thématique principale l’identité lyonnaise. "Il s’agit d’un format interactif et horizontal, pas d’une conférence classique. Tout le monde sera partie prenante. Nous allons essayer de faire venir des acteurs du territoire issus de tous les domaines, des gens qui vivent Lyon à leur façon", précise le fondateur de Confluences, qui comptait une cinquantaine d’adhérents en tant qu’association. 

Avec ce think tank, l’objectif principal reste de "rassembler différentes expertises, des parcours et profils différents qui peuvent apporter à la réflexion". Loïc Terrenes explique d’ailleurs que leurs travaux seront conçus comme "une clé de lecture des enjeux contemporains du territoire". En parallèle, les membres du think tank investiront l'espace médiatique en publiant des tribunes "destinées notamment à pointer du doigt les 'angles morts'", c'est à dire les sujets qui ne seraient pas évoqués par le pouvoir en place.

"Nous avons tous une sensibilité politique différente"

En ligne de mire de l'action de Confluences, la lutte contre "la politique Tiktok et du court-terme". "Il faut accepter que les projets nécessitent une objectivation, un approfondissement, et un temps de recul. La ville évolue en permanence. Le Lyon de 2026 n'est pas celui de 2016, nous verrons dans quel récit les gens aux manettes veulent embarquer les Lyonnais", avance Loïc Terrenes.

A noter que les premiers travaux du think tank se déploieront dans un contexte d'élection présidentielle. Pour garder cette image de groupe indépendant, son fondateur loue l'utilité d'un conseil d'orientation "pour éviter de tomber dans la lignée d'un candidat". "De toute façon, nous avons tous une sensibilité politique différente, c'est ce qui fait la richesse de cet espace", conclut Loïc Terrenes.

Lire aussi : La parole sous contrôle à la Métropole de Lyon

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