Véronique Sarselli a fait adopter un nouveau règlement qui limite le temps de parole des oppositions au conseil métropolitain lyonnais, une décision qui soulève une fronde inhabituelle, de la gauche jusqu'au RN.
Depuis son arrivée à la présidence, Véronique Sarselli (LR) a fait adopter un nouveau règlement intérieur pour encadrer les débats du conseil métropolitain. Il supprime les interventions liminaires, qui précédaient traditionnellement l’ouverture des séances, et instaure un temps de parole proportionnel au nombre d’élus par groupe. Sur le papier, l’argument est imparable. Dans les faits, il réduit, mécaniquement, la voix des oppositions les moins fournies, face aux gros bataillons de la majorité.
La décision a fait l’unanimité contre elle. Écologistes, socialistes et communistes ont, sans surprise, dénoncé un verrouillage du débat démocratique. Mais la fronde a largement dépassé les rangs de la gauche. Le groupe Rhône et Saône (centristes), allié de l’exécutif, et le Rassemblement national ont, eux aussi, crié au coup de force. Un attelage aussi hétéroclite, uni sur une question de fonctionnement institutionnel, ne s’était pas vu depuis longtemps au conseil métropolitain.
L’épisode intrigue d’autant plus qu’il intervient alors que Stéphanie Pernod, ex-première vice-présidente de Laurent Wauquiez, a été nommée directrice de cabinet de Véronique Sarselli. De quoi nourrir, chez les élus d’opposition, le parallèle avec les pratiques déjà reprochées à la Région Auvergne-Rhône-Alpes en matière de temps de parole.
Reste que l’endroit surprend. Si les joutes verbales et noms d’oiseaux ne manquent jamais dans l’hémicycle métropolitain, des attaques directes aux règles du jeu et au temps de parole des oppositions sont peut-être la dernière chose que l’on attendait pour ouvrir le mandat de Véronique Sarselli (déjà entaché par l’affaire Abreu).

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