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Des soignants de l'hôpital Édouard Herriot à Lyon débutent une grève illimitée contre le projet de loi sanitaire

Jeudi 29 juillet, suite à un préavis déposé par le syndicat Sud Santé Sociaux, des soignants de l'hôpital Édouard Herriot à Lyon sont en grève illimitée. Ils protestent contre l'obligation vaccinale pour les personnels hospitaliers et l'extension du pass sanitaire.

Le 12 juillet, Emmanuel Macron annonçait à la population française que les personnels hospitaliers auront l'obligation de se faire vacciner et que le pass sanitaire serait étendu aux lieux de loisirs et de culture, mais aussi aux hôpitaux. Après une procédure législative accélérée, le projet de loi sanitaire a validé ces mesures, et devrait être appliqué à partir du 9 août, sous réserve de validation par le conseil constitutionnel.

En désaccord avec ces mesures, les syndicats de plusieurs hôpitaux de France ont déposé des préavis de grève. C'est le cas à l'hôpital Edouard Herriot à Lyon. La grève débute le jeudi 29 juillet et est "illimité" selon le syndicat Sud Santé Sociaux qui a appelé les personnels hospitaliers à se joindre à la grève.

Dénonciation de la "brutalité" des mesures du gouvernement

Devant l'hôpital Édouard-Herriot jeudi matin, une banderole déployée est le seul signe de la grève des soignants. Elle appelle à un rassemblement samedi 31 juillet de 12h à 14h sur le parvis de l'hôpital, pour soutenir les soignants et s'opposer à la loi sanitaire qui doit entrer en vigueur. Damien, infirmier depuis 2013 est en grève et syndiqué. Il est présent pour répondre aux journalistes.

Il tient d'abord à rappeler que l'obligation vaccinale n'est pas que pour les soignants mais "pour tout le personnel hospitalier." "Plus de 70 professions sont concernées, comme les administratifs ou les cuistots", souligne l'infirmier. Il dénonce cette obligation vaccinale, et l'extension du pass sanitaire.

"Le pass va faire que les usagers de l'hôpital, les visiteurs et les patients, devront montrer patte blanche, c'est à dire être vaccinés double dose soit avoir fait un test PCR. C'est une sorte de discrimination dans la santé, l'hôpital n'est pas là pour dire "toi je te prends, toi je te prends pas", on est là pour soigner tout le monde", se désole-t-il. La loi sanitaire prévoit en effet que les visiteurs et les patients pour des rendez-vous programmés devront présenter un pass sanitaire dans les établissements de santé, ce qui ne sera pas le cas pour les urgences.

"Je ne suis pas contre la vaccination, j'ai signé en fonction publique et il y a des vaccins obligatoires, j'ai du me remettre à jour. Mais je suis contre la brutalité des méthodes du gouvernement. Ils disaient "le vaccin n'est pas obligatoire et on va lever les brevets", et trois mois après ils annoncent la vaccination obligatoire pour les soignants et le pass sanitaire", développe-t-il. Il dénonce la perte de libertés que vont entraîner ces mesures.

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Une grève illimité aux revendications multiples

Dans le préavis de grève déposé le 23 juillet, le syndicat Sud Santé Sociaux annonce que la grève sera illimitée jusqu'à l'obtention des revendications. Il développe plusieurs de ces revendications.

"Nous demandons le libre choix de chaque agent d'être vacciné sans contraintes ni menaces de licenciement", demande le syndicat, qui revendique "le non-licenciement des agents hospitaliers non-vaccinés." Le syndicat s'oppose aussi à la "discrimination" des patients, induite selon eux par "le tri à l'entrée", opéré par le pass sanitaire.

Première de leur revendication, "la déclaration systématique en accident de travail pour la maladie covid-19", pour les soignants qui sont atteints par la maladie dans le cadre de leur travail. Un décret publié le 14 septembre 2020 prévoit que le covid-19 peut être reconnu comme maladie professionnel pour les personnels des hôpitaux, mais ne concerne que les "affections respiratoires aiguës".

 

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