L'étude NutriNet-Santé, lancée par le professeur Serge Hercberg, fête aujourd'hui ses un an. Cette étude a pour objectif d'observer les comportements alimentaires des Français sur une période de cinq ans afin d'établir des relations entre nutrition et santé.
Il y a un an, jour pour jour, le professeur Serge Hercberg lançait une étude épidémiologique novatrice. Cette étude du nom très explicite de NutriNet-Santé consiste à observer les facteurs influant sur la santé et les maladies des Français sur une durée de cinq années par le biais d'Internet. Le tout est financé par un multipartenariat des fonds publics comme le ministère de la Santé et des Sports, l'INPES, afin de motiver l'investissement.
Le but, « éclairer une politique de santé publique »
Les professeurs sont francs : l'étude ne permettra pas de prouver qu'un aliment sera capable de diminuer les risques cardio-vasculaires ou de cancers mais d'en apprendre plus sur l'apport alimentaire du polyphénol. Les polyphénols sont des substances d'origine végétale présentes dans divers aliments qui semblent avoir de belles vertus : anti-oxydantes, anti-inflammatoires et anti-carcinogènes. De plus, les molécules auraient des propriétés protectrices pour le système vasculaire. Le but de cette étude est donc « d'éclairer une politique de santé publique » selon Pr Moulin, pour répartir ensuite les moyens financiers de manière intelligente afin de changer les habitudes alimentaires d'une population et réduire, de ce fait, la mortalité due aux problèmes cardio-vasculaires.
Qu'en est-il en Rhône-alpes ?
À l'occasion du premier anniversaire de l'étude, les Professeurs Stéphanie Lambert-Porcheron et Philippe Moulin ont expliqué que l'étude est « novatrice » dans le sens où les questionnaires se font par le biais des messageries internet des volontaires. Pour le moment, le nombre de participants est de 131 342.
Les nutrinautes sont 13 387 dans en Rhône-Alpes, ce qui place la région 2ème dans le classement national de la participation à l'étude. 54,5 % d'entre eux ont moins de 45 ans et 14,9% sont à la retraite. Les femmes rhônalpines semblent porter plus d'intérêt à leur nutrition puisqu'elles sont 74,9% contre 25,1% d'hommes à participer. En tout cas, le Rhônalpin mange moins mal que tout le reste de la France, c'est à la Nord Picardie que revient le bonnet d'âne. Pour nous, les fruits et légumes sont rois, l'huile d'olive l'emporte sur le beurre. En revanche, nous boudons la charcuterie lyonnaise, et les fruits de mer...
Une recherche « citoyenne »
Les critères de participation sont simples : l'internaute doit avoir au minimum 18 ans, une adresse électronique, et habiter en France (Dom-Tom compris, bien sûr). Pour donner des chiffes : 54% des « nutrinautes » ont moins de 45 ans, 75,5 % sont des femmes. La plupart d'entre eux sont retraités, étudiants ou occupent un emploi. Le taux de chômeurs réalisant l'étude est de 6%, mais pour le professeur Moulin c'est une chance car « ils sont généralement absents des études ».
Pour que l'étude soit fiable, les coordonnées des médecins traitants, le numéro de sécurité sociale et l'état civil de l'internaute désireux de participer sont vérifiés. De plus, ces données permettent aux organisateurs de l'étude d'être au fait lorsqu'un participant décède. Les internautes s'avèrent plutôt assidus puisque plus de 75% d'entre eux répondent même aux questionnaires facultatifs.
Des résultats riches d'enseignement
Cette étude épidémiologique, la plus grosse réalisée en France, sur une cohorte de 500 000 personnes permet de réaliser des études transversales tant la base de données qui en découle est riche. Les chiffres montrent, par exemple, que 63% des femmes de poids normal se trouvent « trop grosses ».
Par ailleurs, les données, le poids et l'alimentation sont assez importantes pour pouvoir bientôt tirer quelques conclusions, notamment sur le rapport entre niveau de vie, malnutrition et obésité. Ou encore, faire des sous-études et comparer les Corses et les Bretons en matière de santé et d'alimentation, comme dirait le Professeur Moulin, « il y a la France de l'huile et la France du beurre ».