Les opposants au Lyon-Turin portent plainte contre X

Dans une lettre envoyée au procureur de la République, les opposants au projet de liaison grande vitesse Lyon-Turin portent plainte contre X pour "préjudice à l'intérêt public dans un appel d'offres".

Une plainte contre X s'est posée en travers des rails du projet de liaison grande vitesse Lyon-Turin. Les opposants attaquent la divulgation, dans les médias italiens, du coût estimé des travaux du tunnel transfrontalier*, avant même l'appel d'offres. Une infraction, selon eux, qui fausse complètement la concurrence dans ce dossier.

Révélations en Italie

Le 30 avril 2012, un article italien dévoile la somme de 450 millions d'euros. Ce serait le montant des travaux du tunnel transfrontalier pour la ligne à grande vitesse entre la France et l'Italie. Cette révélation intervient quatre jours après une conférence de presse du ministère des infrastructures italiennes, en charge du dossier, le 26 avril 2012 à Rome. Problème : comme l'appel d'offres n'a pas encore été dévoilé, il s'agit d'une infraction, selon Daniel Ibanez. Ce signataire de la plainte affirme qu'il y à là "préjudice à l'intérêt public".

Car pour lui, la compétition pour l'appel d'offres est faussée. Ces dernières seraient alors orientées et non ouvertes à la concurrence souhaitant tirer les offres vers le bas. La lettre au procureur rappelle, en outre, "qu'un Directeur Général de Lyon Turin Ferroviaire, Monsieur Paolo Comastri, et un Directeur des travaux, Monsieur William Benedetto, ont été condamnés en première instance à des peines de prison en Italie pour leurs interventions dans un appel d'offres public". Le premier aurait alors été condamné à huit mois de prison en première instance pour "trucage d'appel d'offres", le second à un an. Pas une nouveauté, donc, selon les opposants.

"Une infraction"

Le 22 décembre 2012 est enfin publié l'appel d'offres pour ce tunnel, finalement évalué entre 250 et 500 millions d'euros. Une augmentation par rapport aux chiffres dévoilés que Louis Besson, président de la délégation française de la CIG (Centre Interdépartemental de Gestion), lie au "mouvement du massif alpin", selon l'AFP.

Daniel Ibanez ne comprend pas cette défense. "On n'attaque pas du tout l'augmentation du coût des travaux, mais la divulgation des chiffres, à la base. En fait, on n'est même pas censé savoir que ça a augmenté", expose l'homme. L'opposant insiste sur le côté hors-la-loi du procédé, "la réponse d'empressement politicienne de Louis Besson n'enlevant pas le fait qu'il y a eu tout simplement une infraction de commise, en Italie", argue-t-il.

Plusieurs fois retardé depuis son lancement en 1991, le Lyon-Turin devrait, sauf problème, être sur les rails à l'horizon 2028-2029.

*descenderie de Saint-Martin-la-Porte

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