Tags anti Arméniens à Décines, le 1er novembre 2020, sur le Centre national de la mémoire arménienne ©PHOTOPQR/LE PROGRES/Maxime JEGAT –
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Les chasses à l’homme des ultranationalistes turcs à Lyon

Les deux récentes descentes de groupuscules ultranationalistes turcs dans les rues de Vienne en Isère et Décines, “la petite Arménie” de l’agglomération lyonnaise, ont étalé au grand jour l’émergence d’une jeunesse franco-turque biberonnée au nationalisme islamiste du président turc Recep Tayyip Erdogan.

“Vous êtes où les Arméniens ? ! Vous êtes où ? ! On est chez vous bande de fils de putes !”, “Ici, c’est la Turquie !”, “Ya Allah, Bismillah, Allahu Akbar”, “On va (vous) tuer (...) !”.
Sans le nombre de ceux qui les hurlèrent, ces mots n’auraient pas eu le même effet. Mais ce 28 octobre, la sidération et l’effroi ont frappé à nouveau, quelques jours après l’assassinat, pour ce qu’il représentait, de Samuel Paty. À l’heure où la France est sous couvre-feu, entre 150 et 200 membres de la communauté turque, munis de l’Ay Yildiz (la lune et l’étoile) du drapeau national, ont envahi le centre de Vienne, criant leur haine des Arméniens et leur détermination à les intimider par des menaces de mort. Les deux vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, vues 800 000 fois chacune, montrent la volonté des manifestants d’en découdre. Une voiture de police, tous feux allumés, bat en retraite devant l’assaut. Le lendemain, une partie du cortège se rend à Décines avec les mêmes intentions. Trois mois plus tôt, en plein été, toujours à Décines, où plus d’un quart de la population est d’origine arménienne, place de la Libération – sur laquelle s’élève le mémorial du génocide arménien de 1915, le premier à avoir été érigé en Europe – une grosse centaine de Loups gris, branche paramilitaire du MHP, un parti néofasciste et ultranationaliste aujourd’hui allié au président turc Recep Tayyip Erdogan, faisait irruption dans une manifestation pacifiste de la communauté arménienne. Certains des perturbateurs sont armés de couteaux et de barres de fer. Une cordonnerie, aux origines évidentes, est visée par un tir de mortier. “Nous sommes le commando turc !”, scandent les Loups gris, dont le signe de ralliement est fièrement arboré : pouce, majeur et annulaire joints, index et auriculaire relevés pour former le profil et les oreilles d’un loup.

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