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Les banques du Rhône épinglées

L'association UFC-Que Choisir a réalisé une étude dans le département du Rhône. Elle révèle des hausses de tarifs "injustifiées" pour les produits les plus courants. Les trois établissements les moins chers sont la Banque Postale, HSBC et la Société Générale.

Un banquier n'est pas un commerçant comme un autre. C'est le seul à pouvoir prélever des frais à ses clients sans même les prévenir, relève l'association UFC-Que Choisir. Voilà qui appelle des garde-fous, des devoirs. D'autant que la France se situe au 3e rang des pays européens où les frais bancaires sont les plus élevés. Ils s'établissent en moyenne à 150 euros pour la gestion d'un compte courant, contre 120 euros au sein de l'Union européenne. Or l'association de défense des consommateurs dénonce un manque de transparence. Ce sujet concentre à lui seul 10 % des litiges qu'elle traite.

Des hausses de tarifs "injustifiées"

UFC-Que Choisir a mené une enquête auprès de 32 agences du Rhône. Objectif : identifier l'établissement le moins cher sur les huit produits les plus courants. "Bien que difficile à réaliser", un podium a été établi. Ce sont la Banque Postale, HSBC et la Société Générale qui se hissent aux trois premières places des banques les moins chères. Mais l'ensemble est plutôt consternant. L'étude révèle des hausses de tarifs complètement "injustifiées" pour les trois produits stratégiques (la carte bancaire, la commission d'intervention par incident et les retraits au distributeur). A la Banque Postale, la commission d'intervention s'est par exemple renchérie de 48,9 % entre 2004 et 2010 ! Évidemment ces établissements ne sont pas prompts à informer leurs clients sur le sujet.
Selon UFC, l'obligation exigée aux banques d'adresser un relevé annuel des frais bancaires depuis janvier 2009 constitue "un maigre progrès". Le rapport Pauget-Constans remis à la ministre de l'Economie suggère de passer à une facture mensuelle, associée au relevé de comptes. "Ce serait mieux si les frais mentionnés sur ce document étaient ceux du mois à venir, pour que les personnes puissent anticiper ce prélèvement", souligne René Barraud, président départemental de l'association.

12 % des Français voudraient changer de banque

L'un des outils mis en œuvre pour baisser les tarifs est de favoriser la mobilité bancaire afin de faire jouer la concurrence. "5 % des gens changent de banque chaque année alors que 12 % voudraient le faire", indique UFC-Que Choisir. Certains renoncent, à cause des délais et des formalités à accomplir. Les banques ont pris un engagement de mettre en place un service d'aide à la mobilité bancaire, qui devrait être effectif depuis le 1er novembre 2009. Cette aide consiste pour la nouvelle banque à s'assurer que les prélèvements automatiques effectués sur l'ancien compte soient réalisés sur le nouveau. il s'agit aussi de réduire à moins de 5 jours ouvrés le délai d'ouverture de compte, afin de réduire les frais supportés par les consommateurs.

Dans 75 % des cas, des délais d'ouverture de compte trop longs

Or l'étude réalisée dans le Rhône confirme un constat général : ces dispositions sont faiblement mises en œuvre. Dans 26 % des agences, le client doit lui-même contacter ses fournisseurs pour leur communiquer son changement de coordonnées bancaires et dans 26 % des cas, ce travail est partagé entre l'usager et l'agence. Et quant aux délais d'activation de comptes, dans 75 % des cas, ils excèdent quinze jours.
Au niveau national, UFC-Que Choisir dénonce nombre de pratiques, comme le fait que le plafonnement des frais appliqués sur les "chèques en bois" n'existe pas pour les cartes bancaires. Ou que les retraits d'espèces continuent d'être payants dans certains établissements. Selon l'association, ces difficultés sont en partie liées à une dégradation du conseil adressé au client. "D'un côté on assiste à une augmentation du nombre d'agences (+9 % entre 2003 et 2008), une augmentation des guichets (+ 75 %) mais une baisse de 15.000 agents dédiés à cette mission", souligne René Barraud.

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