Pour alerter sur la crise économique que traverse le secteur et le "mutisme" du gouvernement, les quatre fédérations de sociétés d'ambulances privées appellent à manifester "massivement" vendredi à Lyon, ont-elles indiqué jeudi.
Les ambulanciers tentent depuis le 26 juin d'interpeller le gouvernement. Après des manifestations à Paris, Rennes, Montpellier, Nancy et ce jeudi à Marseille, ils souhaitent "durcir le mouvement": vendredi, "la mobilisation sera massive" et "les vacanciers, pris à témoin, bloqués sur les autoroutes", préviennent ces quatre fédérations (CNSA, FNAA, FNAP, FNMS) dans un communiqué commun.
La crise est "structurelle": "les recettes diminuent - notamment parce que les médecins sont amenés à réduire les prescriptions de transports sanitaires pour réduire le déficit de la sécurité sociale" et les entreprises sont "étouffées par des coûts d’exploitation en constante augmentation", expliquent ces organisations.
Elles doivent faire face à l'inflation, la hausse des prix de l'énergie, la revalorisation du Smic, et les charges liées "aux matériels, véhicules, à la conformité réglementaire", détaillent-elles.
"Des mesures sont engagées"
"Sans action immédiate, de nombreuses entreprises disparaîtront dans l'indifférence la plus totale avant la fin de l'été", alertent-elles. Et "le plus pénible est le silence du Premier ministre, qui semble atteint de mutisme", et "semble ne pas réaliser qu’une mission de service public relative à la santé des Français est en train de s’effondrer".
La manifestation lyonnaise partira de trois aires d'autoroute à 8h pour converger vers l'agence régionale de santé.
Interrogée mercredi lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a assuré que "des mesures sont engagées".
Les ambulanciers "ont pu bénéficier de l'aide du carburant destinée aux grands rouleurs" et, "nous travaillons à réduire les temps d'attente aux urgences, les délais de paiement des hôpitaux, à faire évoluer les missions des transporteurs sanitaires" et à "simplifier" leur gestion, a-t-elle dit.
Il est possible de bâtir "une organisation plus efficiente", a-t-elle jugé: "certains acteurs interviennent parfois en doublon, par manque de coordination, et la répartition des rôles entre médecine d'urgence, transporteurs sanitaires et sapeurs-pompiers doit être revue", selon la ministre.
"Plus de 150 entreprises ambulancières ont déposé le bilan depuis quelques mois", a répliqué le sénateur Michel Canévet (Union centriste). Si les ambulanciers ne peuvent assurer leur mission, cela "va retomber sur les SDIS (services départementaux d'incendie et de secours)", mais les départements qui les financent "ne pourront suppléer ce que l'Assurance maladie ne peut mettre en oeuvre", a-t-il estimé.
